Nucléaire : ce qu'il faut savoir sur les "mini-centrales" qu'Emmanuel Macron souhaite construire

Nucléaire : ce qu'il faut savoir sur les "mini-centrales" qu'Emmanuel Macron souhaite construire

INVESTISSEMENTS - Dans le plan "France 2030", présenté le 12 octobre, le chef de l'État a annoncé la construction de "SMR", des réacteurs modulaires nouvelle génération. Ces "mini-centrales" viendraient en appoint des centrales classiques.

À six mois de la présidentielle, le nucléaire resurgit sur le devant de la scène. Ce mardi, à l'occasion de la présentation de son plan "France 2030", le chef de l'État a confirmé la création, en France, de micro-centrales nucléaires, des "Small Modular Reactor". "Nous devons faire émerger en France d’ici à 2030 des réacteurs nucléaires de petite taille, innovants et avec une meilleure gestion des déchets", a-t-il déclaré, en annonçant qu'une partie des 30 milliards d'euros d'investissement prévus par le plan France 2030, allait être alloué à la sûreté du nucléaire et à la réduction des déchets. Les centrales SMR, pour "Small Modular Reactor" sont des petits réacteurs modulaires, de taille et de puissance plus faibles que des réacteurs conventionnels, en général plus de 1000 MW, pouvant être produits en série puis transportés sur leurs lieux d'exploitation. Le projet français d'EDF, baptisé Nuward, vise une puissance de 340 MW par réacteur. 

Si la plupart reprennent les principes de fonctionnement des réacteurs actuels, le Sénat, dans un rapport en date du 8 juillet 2021 sur "L'énergie nucléaire du futur" listait plusieurs atouts à cette technologie nouvelle : "leur faible puissance ouvre la possibilité de réaliser un saut en matière de sûreté nucléaire" tout en prévenant que "la multiplication des sites peut nuire à la sécurité". Selon les auteurs du rapport, "leur modularité permet de standardiser les composants et de les fabriquer en usine pour bénéficier d’un effet de série et leur construction sur site sera beaucoup plus simple". 

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Une technologie qui viendrait en appoint des EPR

Selon Valérie Faudon, la déléguée générale de la société française d'énergie nucléaire, interrogée par LCI, ces réacteurs produisent dix fois moins d'électricité que les centrales EPR, qui doivent être déployées en France. Les SMR ne seraient donc pas développés pour remplacer l'ensemble du parc nucléaire français, mais bien pour le compléter. 

De plus, ces réacteurs ne produisent pas seulement de l'électricité. "Ça permet par exemple de faire de la chaleur, ça permet aussi de faire de l'hydrogène, avec des nouvelles technologies d'hybridation qui permettent de faire de l'hydrogène avec de l'eau en moins", explique Valérie Faudon. D'après l'entourage de l'Élysée, une enveloppe de 50 millions d'euros, du plan de relance, pourrait être investi sur deux ans dans la réalisation d'un avant-projet sommaire.

Car pour le moment, le projet est toujours en développement. "Il s'agit de travailler dessus pour faire des conceptions détaillées, de faire des prototypes disons, avant 2030, et qui soit disponible, industriellement avant la fin des années 2030", précise Valérie Faudon.

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Pour cette experte, le développement en série de cette technologie permettrait d'éviter le désastre économique qu'a représenté la construction du prototype d'EPR à Flamanville. Les réacteurs produits pourraient également être exportés à l'étranger, représentant donc un secteur économique porteur. 

"Il y beaucoup de pays qui se lancent dans le nucléaire ou ont besoin de petites unités parce que typiquement, un couple de SMR, c'est à peu près la taille d'une centrale à charbon", souligne Valérie Faudon. Une manière de réinvestir la filière nucléaire dans laquelle la France excellait il y a 30 ans, mais dont les compétences ont été peu à peu perdues.

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