En France, il faut six générations pour sortir de la pauvreté, selon un rapport de l'OCDE

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ECONOMIE - Il faudrait cinq générations en moyenne dans les pays de l'OCDE pour qu'un descendant de famille pauvre atteigne le revenu moyen de son pays, et même six en France, estime l'Organisation dans une étude publiée vendredi.

Des décennies sont nécessaires pour s'élever socialement. C'est ce qui ressort d'un rapport de l'OCDE, publié ce vendredi, selon lequel le descendant de famille pauvre a besoin de "180 années" pour atteindre le revenu moyen du pays où il vit. Un laps de temps considérable, constate l'Organisation, pour laquelle l'"ascenseur social" est en panne dans de nombreux autres pays industrialisés.


En moyenne dans 24 pays de l'OCDE, cinq générations seraient nécessaires. Encore pire, il faudrait neuf générations au Brésil et en Afrique du Sud, et onze en Colombie. "Il n'y a plus de mobilité sociale dans les pays de l'OCDE : les revenus, la profession, le niveau d'éducation se transmettent d'une génération à l'autre", a résumé Gabriela Ramos, conseillère spéciale auprès du secrétaire général de l'OCDE, lors de la présentation du rapport à la presse.

C'est en bas et en haut de l'échelle sociale qu'il y a le moins de mobilité

Et la France dans tout ça ?  A l'heure où Emmanuel Macron s'apprête à annoncer une stratégie de lutte contre la pauvreté ambitionnant d'enrayer le "déterminisme social", le pays de Voltaire fait moins bien que la moyenne. Il faudrait six générations, soit "180 années", pour qu'un descendant d'une famille en bas de l'échelle des revenus (les 10% les plus bas) se hisse au niveau moyen de son pays. Dans le détail, le rapport relève que c'est en bas et en haut de l'échelle sociale qu'il y a le moins de mobilité. En moyenne dans 16 pays de l'OCDE, 17% seulement des enfants d'origine modeste réussissent à se hisser en haut de l'échelle des revenus une fois adultes, tandis que 42% des enfants de familles aisés réussissent à y rester.


En France, les chiffres sont très proches de cette moyenne mais aux Etats-Unis ou en Allemagne, l'écart est encore plus important. En revanche, il est moins prononcé en Espagne, en Grèce et au Portugal, où beaucoup de progrès ont été faits dans l'accès à l'éducation, et au Danemark. L'inégalité des chances ne concerne pas seulement les revenus du travail mais aussi la profession, l'éducation et l'état de santé.


Autre enseignement : les enfants de cadres sont deux fois plus susceptibles de devenir cadres eux-mêmes que les enfants de travailleurs manuels. Au total,  27% de ces derniers y parviennent en France, chiffre proche de la moyenne de l'OCDE. 17% seulement des enfants de parents faiblement diplômés (12% en moyenne dans l'OCDE) font des études supérieures, comparé à plus de 60% des enfants de parents ayant étudié dans le supérieur.

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