France Télévisions : au lendemain de la motion de défiance, Delphine Ernotte face à une grève de 24H

France Télévisions : au lendemain de la motion de défiance, Delphine Ernotte face à une grève de 24H

ECONOMIE
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TURBULENCES – Trois organisations syndicales ont appelé les salariés du groupe à cesser le travail ce mercredi "pour l'honneur du service public". Ce débrayage, qui intervient à l'occasion d'un comité central d'entreprise, fait surtout suite au vote cinglant des journalistes des rédactions nationales contre leur patronne.

Ils souhaitent mobiliser face à ce qu'ils considèrent comme une tentative de "démolition" du groupe. A l’appel des organisations CGT, FO et du Syndicat national des journalistes (SNJ), les salariés de France Télévisions entament une grève de 24 heures ce mercredi "pour l'honneur du service public". Ce débrayage, qui intervient à l'occasion d'un comité central d'entreprise, vise à protester contre les importantes mesures d'économies projetées en 2018 et une vaste réforme préparée par le gouvernement.


Mais il est aussi le signe d’une semaine ponctuée de turbulences pour le groupe public et sa PDG Delphine Ernotte, désavouée par une motion de défiance soumise par les Sociétés de journalistes (SDJ) du groupe public et largement votée la veille. A la question "Faites-vous confiance à Delphine Ernotte-Cunci pour préserver la qualité et les moyens de l'information à France Télévisions ?", 83,77% des journalistes des rédactions nationales votants ont ainsi répondu "non", 8,95% ont opté pour le "oui", et 7,28% ne se sont pas prononcés, selon les chiffres des SDJ.

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Delphine Ernotte-Cunci est la nouvelle présidente de France Télévisions

Un vote pris "au sérieux"

Ce scrutin visait à dénoncer "une attaque inédite contre l'information du service public", précisent les organisateurs. La présidente de France Télévisions avait assuré prendre ce vote "au sérieux", dans un message adressé lundi aux salariés. Pour rappel, cette dernière a pris les rênes du groupe public en 2015 et subit régulièrement des critiques, comme lors du remplacement de David Pujadas par Anne-Sophie Lapix aux manettes du 20h de France 2. Sommée par le gouvernement de réduire de 50 millions les dépenses du groupe en 2018, à 2,57 milliards d'euros, la direction veut supprimer 180 postes équivalent temps plein (ETP) l'an prochain, via des non-remplacements de départs à la retraite, dont 30 dans l'information.


Le 17 octobre dernier, une grève pour protester contre les coupes budgétaires, avait déjà perturbé les antennes du groupe à l'appel des syndicats CGT, FO mais aussi CFDT, qui ne participe en revanche pas au mouvement ce mercredi.

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