Galettes bretonnes : pourquoi leur blé noir est si souvent "made in China" ?

Galettes bretonnes : pourquoi leur blé noir est si souvent "made in China" ?

ALIMENTATION - Une galette bretonne sur trois est fabriquée à partir de blé noir provenant de Chine. Depuis une dizaine d'années, quelques producteurs, poussés par une demande de meuniers bretons, ont relancé sa culture.

Pratiquement disparu du paysage breton, le blé noir retrouve une seconde jeunesse depuis quelques années. Ingrédient indispensable de la galette bretonne, il avait pratiquement disparu des champs dans l’Hexagone. Résultat, 80% du sarrasin que nous consommons aujourd'hui nous vient de l’étranger, principalement en provenance de Chine. Une aberration à entendre cette cliente d’un supermarché. "Ce n’est pas la peine de faire parcourir des kilomètres au blé noir alors qu’on peut en cultiver tant qu’on veut en Bretagne", s'étonne-t-elle. Il y a pourtant une raison à cela.

Alors que les Bretons et les touristes en consomment 11.000 tonnes chaque année, la production, elle, n'atteint pas 4.000 tonnes. Pas d’autre choix donc que de recourir à une matière première étrangère. Malgré tout, certains minotiers se convertissent à une production 100% locale, porté par la vague du sans gluten et du bio. "Le blé noir breton a une couleur grise et il donne une farine qui a plus de goût", explique Jean-François Jaffrès, gérant de la minoterie Francès, à Bohars et Plonéour-Lanvern (Finistère). Pourtant, cette graine n'a pas toujours poussé dans les champs bretons.

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Une histoire de longue date

Originaire d'Asie, le blé noir - qui n'est pas une céréale et appartient à la famille de la rhubarbe - avait été rapporté en Bretagne par les croisés avant d'être popularisé par Anne de Bretagne à la fin du XVe. S'adaptant bien à la lande, il devient l'alimentation de base des paysans bretons, essentiellement consommé en bouillie, et aurait permis d'éviter de nombreuses famines à ces populations pauvres. Puis dans les années 1960, avec l'apparition de la Politique agricole commune (PAC), la culture de blé noir a été délaissée au profit du maïs et du blé, plus rentables.

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Face à l'engouement pour cette graine, en juin 2010, une Indication géographique protégée (IGP) a été créée, décernée par l'Union européenne, dans les cinq départements de la Bretagne. "C’est facile comme culture, il n’y a pas de traitement ni besoin d’utiliser des engrais et cela ne nécessite pas plus de suivi que ça", assure Gilbert Le Meur, producteur de blé noir, à Rosnoën (Finistère). Aujourd'hui, 3000 hectares sont semés chaque année. Niveau prix, comptez 500 euros la tonne de sarrasin importé depuis l'étranger contre 700 pour celui de Bretagne avec l'IGP. Le prix à payer pour relocaliser sa production.

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