Hausse de la croissance : pourquoi l’économie française va mieux

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DÉCRYPTAGE - Après le gouvernement, c’est au tour de l’Insee de révéler les prévisions de croissance pour 2017 qu'elle estime à 1,8%. A quoi est due cette embellie de l’économie française ? Et peut-elle entraîner une baisse significative du chômage ?

L’Insee a relevé jeudi la prévision de croissance française pour 2017, la voyant accélérer à 1,8%, un niveau inédit depuis 2011 et qui reflète l'optimisme qui gagne les chefs d'entreprise depuis quelques mois. Un retour avant tout lié à "un bon alignement des planètes" selon Eric Heyer, économiste à l’OFCE. "La croissance a été tassée par un certain nombre de chocs, le choc budgétaire et fiscal des dernières années, le choc pétrolier ainsi que des chocs liés au taux de change. Or, quand vous levez tous ces chocs-là, l'économie française repart", explique-t-il. 


Autre facteur encouragement, la restauration des marges des entreprises mais aussi la santé retrouvée du secteur de la construction. "Ces dernières années, il avait du mal à se redresser. Et là, depuis quelques trimestres, çela repart, notamment grâce à l'investissement des ménages qui bénéficient de conditions encore favorables en terme de taux d'intérêts", observe Eric Heyer. 

Le chômage va baisser mais...

Ce regain de la croissance est aussi lié au contexte économique international. "On voit que la reprise mondiale, tant attendue, s'installe durablement", s’est ainsi réjouie jeudi la directrice du FMI, Christine Lagarde. Selon l’institution qu’elle dirige, la croissance mondiale devrait être de 3,5% cette année et de 3,6% pour 2018. "On est dans le concert mondial donc on bénéficie évidement de cette reprise globale. Si ça va mieux ailleurs, nos exportations sont boostées", précise Eric Heyer. 


Mais cette embellie va-t-elle mécaniquement s’accompagner d’une baisse significative du chômage ? Sur ce point, l’économiste de l’OFCE se montre plus prudent. "A partir de 0,8% de croissance environ, le chômage doit théoriquement baisser. Là on est un point au-dessus donc ce serait normal qu'il y ait des créations d'emplois". Sauf qu'il y a plus de jeunes qui entrent sur marché de l'emploi que de personnes qui partent à la retraite. Le différentiel se situe aux alentours de 120.000. Pour stabiliser le chômage, il faut donc que l'économie française crée 120.000 emplois. Et encore davantage pour le faire baisser. "Pour cela, il faut un taux de croissance supérieur à 1,2 voire 1,3. Avec 1,8%, on est au-dessus donc le taux de chômage va baisser", assure Eric Heyer. Mais compte-tenu de la disparition des emplois aidés et de la fin de la prime à l’embauche, cette diminution risque d’être assez faible, prévient-il.

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La courbe du chômage s'est inversée depuis 2 ans

Quid du pouvoir d'achat ?

Le spécialiste relativise également la progression des salaires que pourrait favoriser l’accélération de la croissance. "Avec la baisse du chômage, cela ouvre des opportunités professionnelles pour les salariés qui peuvent ainsi plus facilement réclamer des augmentations sous peine d’aller voir ailleurs", indique-t-il. Mais même en cas de progression des salaires, cela pourrait ne pas forcément se traduire par un gain de pouvoir d'achat compte-tenu de la hausse potentiellement élevée de l’inflation.

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