Ils aiment leur travail mais par leurs chefs : les salariés français au crible de la grande enquête de la CFDT

ÉCONOMIE
TENDANCE - En moins d’un mois et demi, l’enquête en ligne sur le monde du travail lancée par la CFDT a récolté une centaine de milliers de contributions. Les résultats, qui évoluent en temps réel, permettent de dégager des premières tendances sur le rapport qu’entretiennent les Français à leur activité professionnelle.

Lancée le 20 septembre dernier, l’enquête de la CFDT sur le travail fait le plein. D’ores et déjà, 100.000 personnes ont répondu au questionnaire en ligne sur le site dédié "parlonstravail.fr", qui ambitionne de fournir des réponses à des dizaines d'interrogations aussi diverses que "Comment le travail est-il ressenti, voulu, investi ?", "A-t-il du sens et si oui, lequel ?", "Quel est son impact sur la santé des personnes ? Leur vie privée ?".


Parmi les salariés qui se sont rendus sur le site, une majorité travaille dans le privé, un tiers environ sont des agents publics et une minorité des demandeurs d'emploi. Si les résultats définitifs de cette enquête, qui seront officiellement dévoilés en mars, ont encore le temps d’évoluer,  le grand nombre de répondants permet déjà de dégager une première tendance (disponible en temps réel sur un site dédié) sur la vision que les travailleurs ont de leur activité professionnelle. 

Des travailleurs plutôt épanouis

A la question de savoir si le plaisir est au rendez-vous au travail, une majorité répond favorablement. Selon les résultats observés en ligne ce jeudi, 58% des répondants disent ainsi prendre "souvent" du plaisir au travail, et même "tout le temps" pour 6% d’entre eux. A l’inverse, 32% ont" rarement" du plaisir,  et 4%" jamais". Il faut dire qu’une majorité écrasante déclare exercer une activité professionnelle pour subvenir à ses besoins (79%). Néanmoins, la gratification n’est pas que pécuniaire. En effet, 62% des sondés ressentent de la fierté par rapport à ce qu’ils font, et 69% jugent leur travail utile à la société. 


L'honnêteté ne paie pas

Une majorité de travailleurs déclare que la carrière idéale passe par des changements de métier (seuls 10% souhaitent exercer le même toute leur vie), contre 39% qui estiment que c’est une carrière sans chômage. En ce qui concerne les promotions internes, les répondants se montrent très critiques. Pour 62%, elles profitent à ceux qui savent se faire mousser, puis aux  "copains de la direction" (48%), avant les collaborateurs les plus dociles ( 26%). Pour seulement 12% ensuite, les promotions vont aux plus diplômés et pour seulement 3% aux plus honnêtes. 

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Les chefs jugés durement 

Une part non négligeable des répondants (30%) estime qu’on leur fait faire "souvent des "trucs vraiment inutiles", mais ils sont 77%  à affirmer que lorsqu'ils ne sont pas d'accord avec leur chef, ils le lui disent. Des chefs qui en prennent pour leur grade. Si leurs compétences ne sont jugées zéro (4%) ou médiocres (24%) que par une minorité, 66% des sondés estiment que s'ils devaient faire leur travail sans eux, cela "ne changerait pas grand-chose", et  11% qu'ils travailleraient même "mieux". Par ailleurs, beaucoup de sondés (59%) estiment que leurs supérieurs ne sont pas soucieux de leur bien-être,  ou qu'ils se protègent (70%) plutôt que de les protéger (30%).


Heureusement, il y a les collègues 

Pour 68% des répondants, le plus souvent au travail, "on s’aide les uns les autres". A l'inverse, 23% trouvent que l’on est chacun dans son coin, quand 9% pensent que les collègues se tirent dans les pattes.

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