Indemnité de 100 euros pour 38 millions de Français : "Ce n'est pas un chèque en bois"

Indemnité de 100 euros pour 38 millions de Français : "Ce n'est pas un chèque en bois"

INTERVIEW - Jean Castex a annoncé jeudi que 38 millions de Français allaient percevoir une indemnité de 100 euros pour répondre aux inquiétudes sur la flambée des carburants et le pouvoir d'achat. Une mesure simple "qui se voit" selon le Premier ministre. Mais suffira-t-elle ? Les explications de Pascal Perri, spécialiste de l'économie sur LCI.

"Une indemnité classe moyenne" : c'est ainsi que Jean Castex a qualifié jeudi soir sur TF1 le geste du gouvernement pour répondre aux inquiétudes sur la flambée des carburants et le pouvoir d'achat : 100 euros, versés à 38 millions de Français entre décembre et février. "Une sorte de crédit à la consommation", comme nous l'explique Pascal Perri, spécialiste de l'économie sur LCI.

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La flambée des prix de l'énergie

Cette indemnité est-elle un levier pertinent pour lutter conte l'inflation ?

Oui, cela peut être une réponse de court terme acceptable. Mais ce type de problématique est amené à durer : l'inflation - que ce soit sur l'énergie ou les matières premières alimentaires - est liée à des facteurs structurels. Il est vraisemblable qu'on s'engage dans une période d'augmentation des prix durable.

Pour autant, il faut aussi penser à changer le modèle. On ne peut pas multiplier les sparadraps. Il faut traiter la maladie de fond, notamment en mettant en place un modèle plus productif, et en révisant les règles du travail en France, avec une augmentation du temps de travail afin de libérer la création de valeurs et les hausses de salaires. L'idée selon laquelle en partageant le gâteau on donnerait du travail à tout le monde a longtemps prévalu. Cela nous a conduit dans le mur, à une stagnation des revenus. 

On achète du temps- Pascal Perri

Les critiques selon lesquelles cette indemnité est un "chèque en bois" sont-elles justifiées ?

Ce n'est pas un chèque en bois. Il y a un surcroit de recettes fiscales. Et c'est une partie de ce surcroit qui est redistribué. On peut dire que c'est un outil de redistribution, puisque l'argent n'appartient pas à l'Etat mais aux contribuables. On peut aussi dire que c'est une sorte de crédit à la consommation : il faudra le rembourser. Au fond, on achète du temps.

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Pourquoi toucher aux taxes est-il aussi sensible ?

La taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), c'est 37 milliards d'euros de recettes. La TVA sur l'essence, c'est 11 milliards. Soit 48 milliards d'euros. Ce rendement est compris entre l'impôt sur les sociétés et l'impôt sur le revenu des personnes physiques.

 

Il ne faut pas se cacher les choses : pendant longtemps, la fiscalité sur l'essence a été une fiscalité de rendement. On nous dit aujourd'hui que cela doit devenir une fiscalité comportementale. Si on veut vraiment réduire l'usage des énergies polluantes, il faut les taxer. Il faut que le carbone ait un prix élevé.

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