INFO LCI - Autolib' : les 5 dernières semaines de service coûteront jusqu'à 1,9 million d'euros à Paris et sa banlieue

INFO LCI - Autolib' : les 5 dernières semaines de service coûteront jusqu'à 1,9 million d'euros à Paris et sa banlieue

DirectLCI
FACTURE - Les 5 dernières semaines d'exploitation d'Autolib', dont les voitures électriques cesseront de rouler le 31 juillet, coûteront aux collectivités 1,9 million d'euros au maximum, selon un accord entre Bolloré et les élus révélé par LCI. Mais les deux parties devront ensuite se mettre d'accord sur une facture bien plus importante : celle de l'énorme déficit cumulé d'Autolib' depuis 2011.

Le 31 juillet 2018, les dernières Autolib' seront retirées de la circulation. Mais d'ici là, le service de voitures électriques en autopartage de Bolloré continue de fonctionner, en étant progressivement réduit. Et ces dernières semaines de fonctionnement ont un coût, dont le plafond a été fixé à 1,9 million d'euros, révèle LCI.


En effet, le Syndicat Autolib' Velib' Métropole (SAVM), qui réunit les communes bénéficiant d'Autolib' et qui avait décidé le 21 juin d'arrêter le service, a voté mercredi pour fixer le montant maximal de la facture payée par ces villes au groupe Bolloré pour la période de transition allant jusqu'à la disparition des petites voitures grises. Contacté par LCI, le SAVM confirme qu'il "accepte de rembourser à la société Autolib' à titre d’indemnité transactionnelle, une somme correspondant aux déficits d’exploitation effectivement et directement supportés par celle-ci au cours de la période allant du 26 juin 2018 au 31 juillet 2018, dans la limite d'un montant d'1,9 million d’euros." Les 103 communes du syndicat Autolib' sont visibles sur la carte ci-dessous.

Ce montant "a été établi sur la base de négociations entre le Groupe Bolloré et le Syndicat", indique le SAVM, qui ajoute qu'il "étudiera chaque facture présentée par le groupe Bolloré et se laissera le droit de les contester le cas échéant". Sollicitée par LCI pour expliquer comment a été calculée cette somme, la présidente du SAVM - et maire PS du 12e arrondissement -, Catherine Baratti-Elbaz, n'a pas pu répondre "pour des raisons d’agenda". Impossible pour l'heure d'en savoir plus sur le calcul de ces 1,9 million d'euros.

En vidéo

VIDÉO - Renault et PSA prendront la suite d'Autolib' à Paris

Malgré cet accord, tout est loin d'être réglé

Le vote des élus du SAVM s'est déroulé dans une atmosphère "assez tendue", indique l'un d'eux à LCI. Des élus de banlieue, opposés à Mme Baratti-Elbaz, reprochent à celle-ci un manque de transparence sur le calcul de la facture des 5 dernières semaines d'Autolib', mais surtout sur le coût total de la résiliation du service. "Paris dispose de 55% des voix au SAVM. Les autres villes sont tenues à l’écart. Nous n’avons par exemple aucun élément chiffré nous permettant de dire, comme la présidente Catherine Baratti-Elbaz le prétend, que la résiliation du contrat nous coûtera moins cher que ce que nous réclamait Bolloré", affirmait mercredi le maire du Chesnay, Philippe Brillault (LR), qui a formé un collectif d'élus opposés à la fin d'Autolib'.


En effet, malgré cet accord sur la période de transition, tout est loin d'être réglé entre le SAVM et le groupe Bolloré, qui devront s'entendre sur une autre facture qui s'annonce beaucoup plus élevée : celle du déficit cumulé d'Autolib' depuis son lancement, en décembre 2011. Bolloré et le SAVM se renvoient depuis plusieurs semaines la responsabilité de ce déficit, estimé par Bolloré à un total de 293,6 millions d'euros et dont il accepte pour l'instant de ne prendre en charge que 60 millions.

Paris détient à lui seul 55% des voix, et paie donc 55% des factures

Si ces deux factures couvrant le déficit d'Autolib' sont payées par les villes membres du SAVM, elles sont réparties suivant le même principe que celui des droits de vote : 55% pour Paris, 45% pour les villes de banlieue. Une répartition qui dépend du nombre de stations Autolib' implantées sur le territoire de chaque commune. En bref, toutes les communes où est implanté Autolib' sont représentées, mais Paris détient à lui seul 55% des voix, et paie donc 55% des factures. 


Ainsi, ce sont les élus de Paris qui ont la main sur toutes les décisions, au grand dam de plusieurs élus de banlieue, notamment le maire du Chesnay. Mais comme l'indique un élu francilien membre du syndicat , "c'est aussi l'assurance que Paris cherchera à minimiser la facture finale, car la capitale en paiera plus de la moitié".

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter