Inquiétudes après la révélation du maquillage des comptes de la holding propriétaire de William Saurin

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TRUCAGE – Alors que l'on vient de découvrir le maquillage des comptes de la holding Financière Turenne Lafayette, détenant entre autres William Saurin ou Garbit, l’inquiétude grandit parmi les plus de 3000 salariés travaillant pour le groupe.

Il aura fallu le décès de la présidente de la holding Financière Turenne Lafayette, propriétaire entre autres de William Saurin, pour découvrir le pot aux roses. Nommé début décembre président du groupe en remplacement de Monique Piffaut, décédée le 30 novembre dernier à l’âge de 78 ans, Eric de Gouvello a diligenté un audit qui a révélé le maquillage des comptes depuis des années. 


Une situation qui fait peser sur les sociétés de la holding, comme William Saurin, Garbit ou encore Madrange, et les plus de 3000 salariés qui les composent, un risque de démantèlement. La justice a été saisie et les pouvoirs publics se mobilisent pour sauver l'emploi, a annoncé mercredi Bercy.

La fortune de la PDG léguée à une fondation

"Les premières constatations laissent apparaître une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années, dans un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire en général et pour certaines filiales du groupe en particulier", a indiqué la société Financière Turenne Lafayette dans un communiqué. "Il semblerait que ces tromperies n'avaient pour but que de maintenir le financement du groupe", a précisé une porte-parole, tout en indiquant que l'audit n'est pas encore terminé.


Ancienne banquière, Monique Piffaut était l’unique actionnaire de la holding qu’elle avait fondée. Cette multimillionnaire discrète, sans enfant ni héritier direct, a légué sa fortune à une fondation de protection de l'enfance, en cours de constitution. 

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"Un risque pour la pérennité du groupe"

La justice a été "saisie du dossier pour mener les investigations nécessaires, et déterminer les responsabilités et les causes de ces pratiques", a annoncé le ministère de l’Economie et des Finances après les révélations du maquillage des comptes du groupe qui prévoyait un chiffre d’affaires de 900 millions d’euros en 2016. 


L'Etat prendra "ses responsabilités pour accompagner la nouvelle direction et les salariés" face à cette situation "qui représente un risque pour la pérennité du groupe et afin de s'assurer de pouvoir préserver les 3000 emplois directs et les 1500 emplois intérimaires et prestataires", estime Bercy. Dans le cadre de ce travail d’accompagnement, des réunions avec les parties prenantes au dossier, parmi lesquelles les organisations syndicales, doivent se tenir dans les prochains jours. 


De son côté, la direction de la Financière Turenne Lafayette a indiqué, par voie de communiqué, être mobilisée "pour rechercher les voies et moyens d'assurer la poursuite des activités et conserver les emplois des entreprises du groupe". Dans cette perspective, "plusieurs pistes sont envisagées", précise la direction, dont l’ouverture du capital. 

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