Japon : la facture de Fukushima toujours plus salée

Japon : la facture de Fukushima toujours plus salée
ÉCONOMIE

NUCLÉAIRE - Le coût de la catastrophe de Fukushima, au Japon, devrait être quasiment deux fois plus élevé qu’estimé jusqu’à présent, selon des informations révélées par la presse locale. La note pourrait ainsi atteindre environ 170 milliards d’euros.

Une facture colossale pour une catastrophe hors norme. Plus de cinq après le séisme qui a provoqué la destruction d’une partie de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, le coût de cet événement dramatique vient encore d’enfler fortement. Selon le quotidien économique nippon Nikkei, le ministère du Commerce a quasiment doublé le montant estimé de l’indemnisation des victimes et du démantèlement du site, le portant à 20.000 milliards de yens (168 milliards d'euros), contre encore 11.000 milliards de yens (92 milliards d'euros) il y a quelques mois. 

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    Le coût global de l'indemnisation des victimes passe ainsi de 5.400 à 8.000 milliards de yens, tandis que celui de la décontamination devrait grimper autour de 4.000 à 5.000 milliards de yens, contre 2.500 jusqu’alors. L’évolution de la facture concernant le démantèlement de la centrale de Fukushima Daiichi, où les cœurs de trois réacteurs (sur les six du site) étaient entrés en fusion lors de la catastrophe de 2011, serait du même ordre. Selon des sources proches du dossier, citées par Nikkei, une partie de la note devrait être reportée sur le coût de l’électricité. 

    Un chantier de plusieurs décennies

    Dès 2012, l’ampleur de la catastrophe avait poussé le gouvernement japonais à nationaliser la compagnie Tepco, gestionnaire de la centrale, afin de lui permettre de faire face à une situation manifestement trop lourde pour elle. 

    En octobre dernier, rappellent Les Echos, un rapport officiel sur Tepco avait déjà pointé la sous-estimation des coûts de Fukushima, estimant en effet que ceux-ci seraient à n’en pas douter supérieurs à plusieurs centaines de milliards de yens durant les 30 à 40 ans que doit durer le chantier de démantèlement du site. 

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      Un chantier pharaonique qui n’en n’est donc qu’à ses débuts. Après s’être employé dans les premiers mois après la catastrophe à stabiliser la situation hautement dangereuse sur le site, Tepco a notamment travaillé à maitriser l’eau contaminée s’échappant de la centrale et se répandant dans l’océan. Un mur immense a en particulier été construit en bordure de mer pour contenir l’écoulement et retenir cette eau impropre. La gestion de l’eau est un sujet majeur sur le site, où plus de 300 m3 d’eau douce sont injectés quotidiennement dans les cuves endommagées afin de refroidir le cœur des réacteurs. 

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