La taxe de séjour risque d'être multipliée par cinq dans les hôtels

La taxe de séjour risque d'être multipliée par cinq dans les hôtels

HOTELLERIE - Les députés ont adopté deux amendements qui prévoient d'augmenter très fortement la taxe de séjour par nuit et par personne. Les professionnels du secteur sont déconcertés et en colère.

Mauvaise nouvelle pour les touristes. Qu'ils soient Français ou étrangers, ils risquent de devoir payer une taxe de séjour bien plus élevée qu'elle ne l'était. Cette somme que l'on paie par nuit d'hôtel et par personne pourra être multipliée par cinq. Deux amendements à loi Finance rectificative visant à modifier ces tarifs ont en effet été adoptés mercredi et jeudi. Les textes doivent encore recevoir l'aval du Sénat pour devenir effectifs.

Montant selon le standing de l'hôtel

Le premier amendement prévoit que le plafond des taxes de séjour passe de 1,50 euro à 8 euros pour les hôtels 4 et 5 étoiles et de 1 euro à 5 euros pour les 3 étoiles, partout en France. Pour une famille de quatre personnes, la facture pourrait s'alourdir de 26 euros par nuit (6,5 euros de surcoût x 4). Le deuxième prévoit une taxe supplémentaire de 2 euros par personne et par nuit en Ile-de-France. Cette dernière mesure permettrait de rapporter 140 millions d'euros par an pour financer les transports franciliens.

Le montant de la taxe de séjour sera fixé par les municipalités en fonction du type d'établissement. Cet impôt local restera donc moins élevé dans un hôtel modeste que dans un palace. Quoiqu'il en soit, les 60 % de Français -39,5 millions de personnes- qui partent en vacances et qui, pour la plupart, choisissent la destination France, n'échapperont pas au surcoût.

"Totalement irresponsable"

De quoi inquiéter la profession qui craint que cette "augmentation de plus de 500% " mette en danger l'attractivité de la France. Roland Héguy, président l'Umih, principale organisation patronale de l'hôtellerie, se dit "scandalisé et en colère". Pour lui, "deux taxes en moins de 24 heures, sans concertation, pour un secteur créateur de richesses, c'est une première et c'est totalement irresponsable". "C'est de la folie pure et simple", a déploré Didier Chenet, co-président du GNI, qui regroupe trois organisations de l'hôtellerie, de la restauration et des cafés (Synhorcat, la CPIH et la Fagiht).

Une mesure qui a du mal à passer aussi auprès de Laurent Fabius, qui vient de clôturer les Assises du Tourisme, destinées à booster le secteur. Le ministre des Affaires étrangères et du Développement international s'est en effet dit en "très forte opposition" avec cette mesure, selon son entourage.
 

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