Les aides au logement baisseront de 5 euros par mois

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COUPE - C’est donc confirmé et officiel ce samedi. Les allocations logement (APL, ALF et ALS) ne seront pas supprimées mais bien réduites à la rentrée : un rabotage de cinq euros par mois. Les étudiants, principaux bénéficiaires, oscillent entre grogne et soulagement.

Le gouvernement ne s’en cache pas, il souhaite faire des économies et pas des moindres. Objectif : 4,5 milliards d'euros en 2017. Pour y arriver, il compte notamment s'attaquer aux aides au logement. Et les premières coupes viennent d’être annoncées : les trois aides au logement (Aides personnalisées au logement, allocations de logement sociales et allocations de logement familiales) diminueront de cinq euros par mois pour tous les bénéficiaires, et ce dès les 1er octobre 2017. Une information que Matignon a confirmé ce samedi en début d'après-midi.


Ces aides personnalisées au logement ciblent principalement les étudiants : 800.000 d’entre eux les touchent chaque année. Montant de la facture pour l’Etat : 20 milliards en 2016. Les rumeurs de sa suppression sont quant à elles écartées :  "La suppression des APL n’a jamais été envisagée", affirme le ministère de la Cohésion des territoires, chargé du dossier, qui a annoncé dans l'après-midi que les ALF et les ALS seraient également impactées par cette baisse.

Le gouvernement se retranche derrière ... François Hollande

Pour justifier son geste, Matignon indique à LCI que cette baisse avait été "actée par François Hollande et intégrée dans les calculs budgétaires sans que la mesure n'ait été mise en place". Une ligne de défense déjà avancée par Gérald Darmanin, chargé de l’Action et des Comptes publics : "La baisse des APL a été votée par la précédente majorité mais n’a jamais été mise en place. Nous prendrons les mesures votées par le Parlement." 


De quoi mettre en colère l'ancienne ministre du Logement Emmanuelle Cosse qui, sur LCI, s'est dite "scandalisée" par la mesure et l'argmentaire du gouvernement.

L'année dernière, François Hollande avait effectivement fait face à une levée de boucliers des syndicats étudiants en annonçant différentes mesures visant à limiter les APL : prise en compte du patrimoine et non des seules ressources, et nouveau mode de calcul en fonction de la composition de la famille, du montant du loyer et de la zone géographique. Des mesures bel et bien appliquées, un décret réformant les APL étant notamment paru le 16 octobre 2016 au Journal Officiel. Mais le ministère de la Cohésion des territoires parle d'une troisième réforme : "Une contribution uniforme sur toutes les allocations personnelles au logement". Il précise à LCI qu'"aucune mesure spécifique ne concerne les étudiants ni quelque catégorie que ce soit." 

Aujourd'hui, quand on donne un euro d'APL à un foyer, entre 50 et 70 centimes partent dans des hausses de loyerJean-Noël Barrot, député LREM des Yvelines

Autre justification avancée : les aides favoriseraient une flambée des prix de l'immobilier. "Aujourd'hui, quand on donne un euro d'APL à un foyer, entre 50 et 70 centimes partent dans des hausses de loyer", affirme Jean-Noël Barrot, député REM des Yvelines. "C'est pas comme cela qu'ont peut aider les gens de manière efficace".


Du côté des étudiants, certains se demandent, non sans humour, si la baisse des APL sera du coup synonyme de baisse des loyers.

D'autres ironisent en comparant cette baisse au prix d'un kebab : "Dites vous que grâce à ça vous allez peut-être maigrir." 

Les personnes aux faibles revenus apprécieront.

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Lila le Bas, présidente de l'Unef : "C'est une attaque envers les étudiants"

Sur LCI, Lila le Bas, présidente de l'Unef, déplore que cette mesure n'ait pas été remise en cause par le gouvernement actuel.

"C'est une attaque envers les étudiants quand on décide de leur prendre l'argent qu'ils n'ont déjà pas." Elle invite le gouvernement à revenir sur cette annonce et à mettre en place des solutions pour éviter que les étudiants ne se salarient.

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