Semi-conducteurs, essence, jouets... Enquête sur le grand bazar des pénuries

Semi-conducteurs, essence, jouets... Enquête sur le grand bazar des pénuries

DIFFICULTÉS D'APPROVISIONNEMENT - Semi-conducteurs, matières premières… Le monde entier fait face à des risques de pénuries. Pourquoi ce désordre à l’échelle planétaire ?

Les pénuries continuent de faire trembler le monde à l’approche de Noël. Semi-conducteurs, matières premières, essence, bois, jouets… de nombreux produits risquent de manquer. En cause, la reprise économique mondiale qui suit la pandémie de Covid-19. 

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En Eure-et-Loir, une entreprise assemble des circuits électriques pour des moteurs d’avions. Elle croule sous les commandes, mais elle a dû arrêter l’une de ses lignes de production. "Il suffit qu’il manque un seul composant dans la fabrication pour qu’il soit complètement impossible de lancer la production", explique Jérôme Bootz, cofondateur de l’entreprise Systech, dans le reportage de TF1 en tête de cet article. 

C’est le point de départ des retards en cascade dans les délais de livraison : une pénurie mondiale de semi-conducteurs a touché l’ensemble de la planète, quelques mois seulement après le début de la crise sanitaire, fin 2020, à cause des différents confinements. La grande majorité de ces composants sont produits en Asie, région qui a été durement touché par la crise, faisant tourner les usines au ralenti.

Un prix multiplié par 10

Ces produits deviennent donc rares et, par conséquent, chers. "Ce petit composant vaut vraiment de l’or. Il y a un an, il coûtait quatre euros. Début septembre, il coûtait 40 euros et aujourd’hui, il est complètement introuvable sur la planète", poursuit Jérôme Bootz. 

Des coupures d’électricité en Chine

De surcroit, une grande majorité des ateliers mondiaux se situent en Chine, où 30% de la production mondiale est fabriquée. Or, le pays fait face à de nombreuses coupures d’électricité quotidiennes à cause de la reprise économique particulièrement forte. Conséquence, les usines tournent au ralenti. 

Baoyan travaille pour des clients européens. Ce jour-là, elle doit trouver des sacs à main en Chine pour un revendeur français. Elle a beau relancer quotidiennement le fournisseur, rien n’arrive. "À cause des coupures d’électricité, les ouvriers ne travaillent que trois à quatre jours par semaine. Il y a aussi la pénurie des matières premières. Qu’importe le produit. Il y a des pénuries partout", affirme-t-elle. Le prix des matières premières s’est envolé, lui aussi. 

Une course aux conteneurs

Mais quand, enfin, les produits sortent des usines avec plusieurs semaines de retard, un autre problème se pose : il n’y a pas assez de conteneurs ni de bateaux pour répondre à la demande mondiale. "Avant le Covid, envoyer un conteneur plein coûtait entre 1000 et 1500 euros. Maintenant, ça va de 10.000 à 15.000 euros. C’est énorme. Tous les clients ont besoin d’une place dans ce conteneur. Celui qui l’obtiendra, c’est celui qui payera le plus cher", déclare le directeur d’une entreprise de logistique en Chine. S’il faut payer cher, il faut aussi être patient, car dans le port de Shanghai, tout s’arrête au moindre cas de Covid. 

Dans le port de Rotterdam, une dizaine de porte-conteneurs attendent d’être déchargés chaque jour. "Aujourd’hui, on attend cinq à six jours pour décharger un navire. D’ordinaire, c’est immédiat : le navire arrive, il est prévu et il est déchargé", affirme Anne-Sophie Fribourg, présidente de la commission maritime de TLF Overseas. 

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La raison de ces délais en hausse ? Les ports font actuellement face à une pénurie de routiers, de grutiers, de dockers en Europe et en Amérique pour décharger les porte-conteneurs. Faute de bras pour les déplacer, beaucoup de conteneurs vides attendent dans nos ports, et ce, parfois plus d’un mois avant de retourner en Asie. 

C'est pour cela, notamment, que le trafic maritime ne devrait pas revenir à la normale avant fin 2022. 

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