Vague de froid : la France peut-elle subir un "black-out" électrique ?

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LE NOIR APRES LE FROID ? - La vague de froid qui devrait s’abattre sur la France la semaine prochaine fait craindre des pics exceptionnels de consommation électrique. Une réunion est prévue ce vendredi au ministère de l’Ecologie pour se préparer à une situation tendue et éviter le recours à des coupures.

Décidément, l’hiver n’est pas de tout repos pour EDF. Après avoir soufflé début décembre à la suite de l’autorisation de redémarrage de plusieurs réacteurs visés par des contrôles de sécurité imprévus, l’électricien pourrait rencontrer dans quelques jours de nouvelles difficultés, liées cette fois à la vague de froid qui s’annonce.


Ségolèle Royal, la ministre de l’Ecologie, s’inquiète en effet du niveau des températures prévues la semaine prochaine par Météo France. Lundi et mardi, le thermomètre, largement négatif, devrait se situer entre 6 et 8 degrés en-dessous des normales de saison. Et les températures pourraient encore baisser au cours de la deuxième moitié de la semaine. 

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Météo : l'offensive de l'hiver

Pas de pénurie ce week-end

D'où une consommation accrue en électricité, notamment en raison du chauffage. Dans ce contexte, une réunion est prévue ce vendredi au ministère de l’Ecologie  avec les acteurs du secteur afin de préparer les inévitables pics et éviter des mesures de restrictions, voire des "black-out" (des coupures d'électricité).


Joint par LCI, le gestionnaire du réseau d'électricité (Réseau transport électricité), filiale d'EDF, confirme s’attendre à des sommets de consommation dans les prochains jours. Lundi, elle devrait par exemple atteindre 90.000 MW et pourrait frôler les 102.000 MW jeudi, un niveau exceptionnel atteint pour la dernière fois le 8 février 2012. Le niveau de consommation dépendra notamment des chutes de neige prévues ce week-end, nous précise RTE, qui affirme néanmoins qu’aucun risque de surtension n’est à craindre jusqu’à lundi inclus. 

Capacité réduite

Cette chute des températures intervient alors que les capacités nucléaires du parc français, principale source d'électricité de l'Hexagone, ne sont pas à leur maximum. En effet, même si EDF a donc pu réactiver fin 2016 la grande partie des réacteurs stoppés sur demande de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour effectuer des contrôles de sécurité, sept réacteurs sont actuellement à l’arrêt, contre deux seulement à la même période l’an dernier. 

Si la situation de demande en électricité devait se tendre dans les prochains jours, RTE souligne qu'il ne manquerait pas d’activer les moyens d’économies d’énergie dont il dispose. Il peut tout d'abord faire appel à la sobriété énergétique des Français (en leur demandant par exemple d'éteindre les appareils laissés en veille, qui représentent au total la consommation d'un réacteur nucléaire) et des entreprises. Certaines pourraient ainsi, moyennant finances, être invitées à fermer ponctuellement.


Techniquement, le gestionnaire du réseau peut surtout interrompre temporairement la consommation de 21 sites volontaires et particulièrement énergivores avec, à la clé, une économie de quelque 1500 MW. Dans un deuxième temps, RTE peut baisser la tension de 5% sans couper l’alimentation électrique des Français, économisant ainsi 4.000 MW. Bref, la dernière solution -des coupures électriques- n'est pas (encore) la plus privilégiée. 

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JT20H - L'arrêt des réacteurs d'EDF va-t-il provoquer des coupures d'électricité ?

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