Nucléaire : le gouvernement pourrait fermer jusqu'à six centrales d'ici 2028...

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ANNONCE - Entre zéro et six fermetures de réacteurs nucléaires seront décidées la semaine prochaine par l’exécutif dans le cadre de la future programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Ces dernières, qui interviendront sous dix ans, ne comprennent pas celles déjà actées des deux réacteurs de Fessenheim.

C'est un arbitrage très attendu. Dans le cadre de la future programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) qui doit être annoncée la semaine prochaine par Emmanuel Macron et Édouard Philippe, entre zéro et six nouvelles fermetures de réacteurs nucléaires vont être décidées d'ici fin novembre. Un document préparatoire, consulté par l'AFP, rassemble les trois scénarios contradictoires sur lesquels planche l'exécutif. Tous ont pour objectif de faire passer la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75% à 50% le plus vite possible, tout en respectant les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (une gageure sachant que l'énergie nucléaire est décarbonée). Si cet objectif de 50% de nucléaire est atteint en 2035 dans les deux premiers scénarios, ce n'est pas le cas avant 2040 dans un troisième. Tous prévoient en revanche une part de 40% d'électricité renouvelable, atteinte en 2030, 2032 ou 2034 suivant les trois cas.


Dans le détail, le premier scénario, soutenu par le ministère de la Transition écologique, prévoit six fermetures de réacteurs outre Fessenheim d'ici 2028, et six de plus d'ici 2035, sur les 58 du parc nucléaire français actuel. Le second, dit "intermédiaire", ne prévoit aucune fermeture supplémentaire d'ici la fin de la PPE en 2028, mais 12 entre 2028 et 2035. Le dernier, poussé par Bercy, est celui où le nucléaire est le plus défendu. Il n'envisage pas non plus la moindre fermeture d'ici 2028, et ne fermerait que 9 centrales d'ici 2035. Conséquence ? L'objectif de 50% de nucléaire de 2025, repris dans son programme par Emmanuel Macron puis repoussé à 2030-2035 peu après son élection, attendrait 2040. Le scénario retient même noir sur blanc la construction de 4 nouveaux réacteurs en plus de l'EPR de Flamanville d'ici 2040. 

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"Des annonces seraient faites la semaine prochaine"

Sollicité par l'AFP sur ces informations, Matignon n'a pas fait de commentaires "sur des scénarios préparatoires à une décision", confirmant simplement que "des annonces seraient faites la semaine prochaine". Quoiqu'il arrive, les 0 à 6 fermetures en passe d'être annoncées sont distinctes des deux centrales de Fessenheim qui seront les seules à s'arrêter durant le quinquennat. Début octobre, le ministre de la Transition écologique a en effet confirmé que la centrale nucléaire de Fessenheim fermera avant 2022, et ce même si l'EPR de Flamanville n'a pas été mis en service.


Pour rappel, d'ici 2035, 26 réacteurs nucléaires sur 56 (sans compter les 2 réacteurs de Fessenheim) vont atteindre les 50 ans d'utilisation depuis leur date de mise en service. Alors que les centrales nucléaires ont été conçues pour une durée de 40 ans, EDF prévoit des travaux pharaoniques d'ici 2025 pour prolonger leur durée de vie à 60 ans. Le coût de ces travaux, baptisés "grand carénage", est estimé à 50 milliards d'euros par EDF et à 100 milliards d'euros par la Cour des Comptes.

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