TER Nice-Marseille : la région propose d'écarter la SNCF au profit de Transdev, une première

La SNCF va perdre la ligne TER entre Marseille et Nice. Quelles sont les premières réactions des usagers de la région ?

FERROVIAIRE - Pour la première fois en France, la SNCF pourrait ne plus exploiter une ligne de TER. La région Provence-Alpes-Côtes d'Azur (Paca) aurait préféré son concurrent, Transdev, pour gérer cette ligne dès 2025.

Ce pourrait être une première pour le rail français. Longtemps en monopole, la SNCF est sur le point de perdre une ligne de transport express régional (TER). L'exécutif de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, dirigée par la droite, a proposé à ses élus de choisir la société française Transdev pour exploiter la liaison Marseille-Nice. Si les élus régionaux confirment ce choix le 29 octobre prochain, ce qui semble probable sauf retournement de situation, il s'agira de la première ligne ferroviaire perdue par la SNCF depuis l'ouverture à la concurrence de l'exploitation des rails français.

Trois entreprises au total étaient en lice pour remporter la gestion de la liaison, qui concerne un dixième de l'ensemble du trafic dans la région. En plus de la SNCF et de Transdev, la filiale de la compagnie publique des chemins de fer italienne Trenitalia, Thello, faisait partie de l'appel d'offre, dont le contrat de concession sur 10 ans est estimé à 870 millions d'euros.

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L'arrivée de Transdev devrait faire doubler le trafic sur la ligne (de 7 à 14 aller-retours quotidiens) "dès 2025" veut croire la région, et ce pour "un prix équivalent". Jusqu'à présent Transdev était surtout présente sur le marché des autobus et des cars, transportant 11 millions de passagers chaque jour.

"Ce choix marque (...) la concrétisation de l'ouverture à la concurrence à laquelle nous nous préparons de longue date, où nos autorités organisatrices ont la liberté de choisir d'autres opérateurs que nous", a affirmé Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs, dans un communiqué, actant ainsi la perte du marché. Un second lot représentant près d'un quart du trafic régional et estimé à 1,5 milliard d'euros doit par ailleurs être attribué. Cette fois, la région Sud aurait proposé que la SNCF conserve l'exploitation des lignes "Azur" incluant les liaisons entre Les Arcs/Draguignan et Vintimille (en Italie), ainsi que Nice-Tende et Cannes–Grasse où l'entreprise publique était seule en lice. De 69 allers-retours quotidiens, l'offre devrait bondir à 120, selon les estimations de la région.

"Nous ne sommes pas étonnés, a également réagit Jean-Marie Valencia, responsable de la communication à la CGT Cheminots Paca, cela démontre la volonté de la Région de donner à la concurrence les marchés les plus profitables (...) Nous sommes inquiets car ce ne sera pas sans coût pour les cheminots". Outre le Sud, quatre autres régions de France ont également annoncé leur volonté d'expérimenter l'ouverture à la concurrence de leur TER : le Grand-Est, les Hauts-de-France, l'Ile-de-France et les Pays-de-la-Loire.

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