Passage en risque "élevé" de grippe aviaire : "Il s'agit d'aller plus vite que le virus"

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ÉLEVAGE – Le niveau de risque d’épizootie de grippe aviaire a été relevé de "modéré" à "élevé", une mesure qui vise surtout à accélérer les moyens de lutte contre la propagation du virus H5N8. Explications.

Aller vite pour éradiquer l’épizootie. Le niveau de risque concernant le nouvel épisode de grippe aviaire, qui a touché récemment des élevages du Sud-Ouest, a été relevé mardi de "modéré" à "élevé" sur l’ensemble du territoire, a annoncé le ministère de l’Agriculture. Ce choix a été motivé par "l'évolution rapide de la situation sanitaire en France et dans plusieurs pays d'Europe et par la dynamique de propagation du virus", transporté par des oiseaux migrateurs, a précisé le ministère dans un communiqué.


Plusieurs foyers du virus H5N8, qualifié de "hautement pathogène" par les autorités, ont en effet été détectés dans le Sud-Ouest, ainsi que des cas au sein de la faune sauvage dans le Nord. Concrètement, les deux arrêtés pris au regard de l’évolution de l’épizootie entraînent des mesures de protection et de confinement des élevages, ainsi que l’interdiction de rassemblement de volailles vivantes, en particulier sur les marchés afin d’éviter toute contamination. 

Pour les éleveurs, notamment du Sud-Ouest, ce nouvel épisode de grippe aviaire est un coup dur après celui particulièrement contraignant qui s’était déclaré en décembre 2015, se traduisant par un vide sanitaire dans la région. La nature du virus n’entraîne pas cette fois une telle mesure, mais les contraintes sont réelles. 


"Les éleveurs sont plus que prêts pour ce nouvel épisode, explique à LCI Marie-Pierre Pé, secrétaire général du comité interprofessionnel du foie gras. Cette fois, la présence du virus au sein d’un élevage peut être facilement repérée par les éleveurs. Et l’un des deux arrêtés qui vient d’être pris est essentiel pour lutter contre l’épizootie car il permet de ne pas attendre la confirmation d’un cas de H5N8 pour définir un périmètre de confinement des volailles sur un rayon de 10 km. Les risques de transmissions devraient ainsi être fortement réduits. Il s’agit d’aller plus vite que le virus."

Le passage en niveau élevé permet en outre aux éleveurs disposant du Label rouge, qui implique de faire sortir les volailles, qu’ils conservent celui-cil malgré les mesures de confinement. Quant aux basses-cours de particuliers, l’information diffusée sur le risque de contamination leur permet de prendre les mesures adéquates, à commencer par l’installation de filets de protection pour éviter le contact avec des animaux sauvages. 

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Toujours est-il que ce nouvel épisode de grippe aviaire intervient au plus mauvais moment pour les éleveurs. En effet, si celui-ci n’a aucune incidence sur les produits mis en vente pour les fêtes, il n’en n’est pas de même pour les exportations. Alors que la France aurait dû retrouver le 3 décembre un statut de pays préservé de la grippe aviaire, les foyers détectés relancent les embargos décrétés par les pays les plus stricts en matière sanitaire, comme le Japon, grand consommateur de foie gras tricolore. Et ce alors même que la consommation de foie gras ne comporte aucun risque en termes sanitaires. Sur ce plan, "les restrictions d’exportations sont relancées pour quatre mois", déplore Marie-Pierre Pé. 

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