Pôle emploi : 4000 postes seraient menacés à cause de la baisse du chômage

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PARADOXE - Selon le JDD, la baisse du chômage pourrait entraîner la suppression de 4000 postes chez Pôle emploi d'ici à 2022. Une situation qui alarme les syndicats, alors que 5,6 millions de personnes sont actuellement inscrites sur les listes de l'établissement public et que la récente baisse n'a pas endigué le nombre de travailleurs précaires.

La relative embellie observée sur le marché de l'emploi menacerait des milliers de salariés à Pôle emploi. Alors que le nombre de demandeurs d'emplois a baissé de 1% au premier trimestre 2018, quelque 4000 postes d'agents, sur les 55.800 présents au sein de l'organisme public, pourraient disparaître d'ici trois ans, indique le Journal du Dimanche


Cette réorganisation interne serait liée à la diminution des financements de l'État français, jugeant qu'en raison de la baisse du chômage, il n'y a plus autant besoin de conseillers au sein de la structure. Étonnant lorsque l'on sait que 5,6 millions de Français restent encore inscrits sur les listes de Pôle emploi et que, s'il y a bien eu une baisse ces derniers mois, le nombre de travailleurs à temps partiel en besoin d'accompagnement a, lui, augmenté.

L'annonce a été faite directement par Jean Bassères, le directeur général de l'établissement public, il y a trois semaines lors d'une convention managériale. Un chiffre qui pourrait, selon lui, être revu à la hausse si la baisse du chômage se poursuit au cours des prochains mois. Le JDD rapporte d'ailleurs que 1380 contrats aidés et 297 postes ont déjà été supprimés cette année. D'ici à 2022, ces coupes budgétaires devraient permettre d'économiser quatre milliards d'euros. 

Des mesures "surréalistes" pour les syndicats

Une situation qui inquiète les syndicats. David Vallaperta, conseiller et élu CFDT au comité central d'entreprise, s'alarme. "4000 postes en moins, c'est surréaliste ! La baisse du chômage ne signifie pas une diminution de notre charge de travail, car il y a une forte hausse des demandeurs d'emploi cumulant une activité partielle et une allocation", juge-t-il dans le JDD


Dans les faits, la baisse du chômage ne signifie pas que les conseillers de Pôle emploi travaillent moins. Les derniers chiffres, publiés le 25 avril, montre que le nombre de chômeurs de catégorie A, dont sans aucun emploi, baisse effectivement de 1%. Mais entre-temps, le nombre de demandeurs d'emplois pour les catégories B et C, des jobs précaires, augmente de 1,8 et 1,4%.

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De son côté, alors que Pôle emploi va hériter de nouvelles missions avec le Plan d'investissement dans les compétences, qui prévoit l'accompagnement d'un million de chômeurs de longue durée et un million de jeunes sans emploi, la direction affirme que rien n'a encore été décidé. "Il n'y a pas de décision prise quant aux effectifs. Cette question devra être abordée dans un contexte qui prend en compte les nouvelles charges pesant sur Pôle emploi".


Un comité central d'entreprise se tiendra le 24 mai prochain, où les prémices de cette réorganisation devrait être évoquée. Une première étape avant la négociation de la prochaine convention tripartie État-Unédic-Pôle emploi prévue en septembre prochain.

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