Pour mobiliser "l'épargne-Covid" au service de la relance, l'exécutif imagine des mesures... mais pas de taxes

Depuis le début de la crise sanitaire, les Français ont plus épargné que jamais

PARCOURS FLÉCHÉ - Si l'exécutif dit se refuser à taxer l'épargne exceptionnelle mise de côté sur l'année écoulée, Bercy réfléchit aux moyens d'orienter nos bas de laine vers la consommation et la reprise. Parmi les pistes, de possibles cadeaux fiscaux.

Entre 100 et 120 milliards d'euros, voilà selon les estimations l'épargne exceptionnelle que les Français ont mis de côté depuis le début de la crise sanitaire. Un mouvement qui ne semble pas en passe de s'essouffler : à la fin de cette année, ce bas de laine né de l'imprévu pourrait passer la barre des 200 milliards d'euros. 

Des montants sans précédent, qui se rajoutent de plus à nos niveaux d'épargne habituels, déjà historiquement hauts en France. Schématiquement, ce que nous avons mis de côté à ce jour est comparable à la centaine de milliards d'euros que l'exécutif veut investir dans le plan de relance de l'économie. On comprend aisément que Bercy lorgne la cagnotte. 

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Comme souvent en pareil cas, les propositions ne manquent pas. Citant des précédents historiques, comme la sortie de la Seconde Guerre mondiale, certains économistes préconisent un prélèvement exceptionnel sur une épargne qui l'est elle aussi, d'autant que les ménages qui ont le plus épargné sont d'ordinaire les plus aisés. C'est par exemple ce que propose l'économiste Thomas Piketty, sous la forme d'une taxation à usage unique. D'autres économistes objectent que l'épargne d'aujourd'hui serait la consommation de demain, et que la taxer entamerait la confiance de l'épargnant, dans un pays où le Livret A, même très peu rémunéré, demeure un totem politique, libre d'impôts.

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Comme le reconnaît Bruno Le Maire à Bercy, cette épargne des ménages constitue l'autre "défi" du gouvernement pour réussir la relance. Ce lundi, le ministre de l'Économie a mis de côté l'hypothèse d'un impôt exceptionnel. "J'écarte une nouvelle fois clairement et définitivement toute taxation de l'épargne des Français", a-t-il déclaré. Pour autant, les services du ministère cherchent bien le ou les moyens de "flécher" l'usage à court terme de cette épargne de précaution, au service de la consommation, ou de l'investissement dans les entreprises.

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Parmi les pistes les plus sérieuses évoquées à Bercy, l'assouplissement des conditions fiscales des prêts ou donations à l'intérieur d'une même famille. Des dons nets d'impôts, mais sous certaines limites, et tous les quinze ans uniquement. Reste à voir si c'est ce régime qui serait durablement assoupli, ou si l'exécutif ne ferait qu'ouvrir une fenêtre de dons défiscalisés, le temps de voir la croissance revenir. Des mesures qui pourraient être annoncées dans les semaines à venir, en même temps que d'autres éléments du plan de relance. Le gouvernement prévoit toujours une reprise de la croissance à 6% pour cette année.

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