Pourquoi Bouygues Télécom vendrait son réseau à Free pour acheter SFR

Pourquoi Bouygues Télécom vendrait son réseau à Free pour acheter SFR

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TELECOMS – Bouygues Telecom prévoit de céder son réseau à Free pour 1,8 milliards d'euros s'il rachète SFR. Cet accord historique ouvre la voie à un nouveau marché à trois grands opérateurs mobile, deux ans après l'arrivée fracassante de Free sur le marché.

Révolution dans le monde de la téléphonie. Un accord historique a été passé entre Bouygues Telecom et Free : le premier vendra son réseau mobile au second pour 1,8 milliards d'euros s'il parvient à racheter SFR. Un deal conclu après de longues négociations entre les deux ennemis, confirmé ce dimanche par le groupe Iliad, maison mère de Free, qui évoque le "rachat d'un portefeuille de fréquences 2G/3G/4G et du réseau de téléphonie mobile de Bouygues Telecom".

Cette solution permettrait à Bouygues de l'emporter face à Numéricable dans la course pour racheter SFR . L'autorité de la concurrence menaçait en effet d'opposer son veto à Bouygues au motif qu'il disposerait alors de deux réseaux mobiles. Un pacte a donc été imaginé par le PDG de Bouygues Telecom, Olivier Roussat, et le directeur général de Free, Maxime Lombardini.

Arnaud Montebourg derrière Bouygues

Concrètement, Bouygues rachèterait SFR : les deux opérateurs fusionneraient et les abonnés mobiles du premier seraient transférés sur le réseau du second. De son côté, Free récupérerait l'intégralité du réseau mobile de Bouygues, ses 15.000 antennes et équipements électroniques qui y sont rattachés, ainsi que les fréquences de l'opérateur. Une bonne nouvelle pour ce dernier, qui jusqu'à présent n'était pas doté de son propre réseau et n'avait pas de 4G. L'opérateur loue actuellement le réseau d'Orange pour 600 millions d'euros par an.

Avec cette offre, Bouygues a considérablement boosté sa candidature pour le rachat de SFR . L'enjeu est quasi-vital : s'il gagne face à Numéricable, il se retrouvera alors au coude-à-coude avec le géant du mobile Orange dans le paysage des télécoms français (fusionnant les 21 millions d'abonnés SFR et ses 11 millions d'abonnés, face aux 27 millions chez Orange). Une aubaine pour le groupe, qui a accusé une perte de 800 millions d'euros l'an passé.

Vivendi doit désormais choisir quelle offre est la meilleure pour SFR. L'offre de Bouygues est tentante : en rachetant l'opérateur tout en cédant son réseau à Free, le marché du mobile reviendrait à trois acteurs (ils sont quatre depuis l’arrivée fracassante de Free il y a deux ans), tous sur un pied d'égalité : Orange et son réseau, SFR-Bouygues et son réseau et Free enfin doté d'un réseau propre. Un avantage qui n'a pas échappé à Arnaud Montebourg. "Si on revient à trois, on est plus fort que si on subsiste à quatre", affirme ainsi le ministre du Redressement productif dans un entretien au Parisien ce dimanche. Qui l'emportera ? Verdict en fin de semaine prochaine, lors du prochain conseil d'administration de Vivendi.

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