Primaire à droite - Un Smic "correct", c'est combien ? Pour Fillon, il est à son maximum en France

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DÉBAT – Interrogé sur le Smic lors du premier débat de la primaire de la droite jeudi, François Fillon a estimé que son niveau actuel était "ce que la société française peut faire de mieux compte tenu de sa situation économique et sociale". Dans le monde syndical et à gauche, on le juge au contraire trop faible. Alors, quel serait le bon niveau du salaire minimum ?

"Un smic correct et décent, c’est combien ?" Cette question a été adressée jeudi soir par un internaute à François Fillon au cours du premier débat de la primaire de la droite diffusé sur TF1. Une question simple pour une réponse ambiguë de l’ancien Premier ministre, qui s'est bien gardé de donner un montant. Il faut dire qu'il a sans doute hésiter, lors de cette première confrontation télévisée, à assumer sa volonté de réviser le mécanisme de revalorisation du salaire minimum. Comprenez : limiter la progression du Smic s’il est élu. 


Dans son programme en effet, tourné vers la compétitivité des entreprises, l’ancien locataire de Matignon fustige l‘augmentation mécanique du Smic qui a, selon lui, pour effet de renchérir le coût du travail en France.  En conséquence à ses yeux, le niveau du salaire minimum dans l’Hexagone,  "l’un des plus élevés d’Europe" n'a t-il pas manqué de souligner, est "ce que la société française peut faire de mieux compte tenu de sa situation économique et sociale". 

Basée notamment sur l’inflation, la revalorisation du salaire minimum interprofessionnel de croissance a été fluctuante ces dix dernières années, progressant au total de 17%, au même rythme que le salaire moyen.  Dans le contexte d’une progression des prix quasi nulle ces derniers mois, la revalorisation du 1er janvier 2016 s’est limitée à 0,6%, portant le montant du Smic à 1466,67 euros brut par mois à temps plein, soit 1143,73 euros net. 


Une hausse contenue donc, et critiquée en début d’année par des syndicats comme la CGT ou FO, qui plaident pour un "vrai coup de pouce" qui se traduirait par un salaire minimum porté à au moins 1.700 euros brut. Une demande relayée depuis longtemps à gauche. Jean-Luc Mélenchon proposait un même montant en 2012. Au sein de la primaire du PS pour 2017,  Marie-Noëlle Lienemann vise un Smic à 1500 euros nets à la fin du quinquennat, quand Gérard Filoche envisage 1800 euros bruts (1386 nets).

La droite a un positionnement diamétralement opposé. François Fillon et Jean-François Copé veulent réviser le système de revalorisation du Smic. Face à eux, Alain Juppé, Bruno Le Maire et Nicolas Sarkozy ne sont pas sur la même ligne. Ils prônent un allégement ou une suppression de charges sur le salaire minimum. Ce que n’a pas manqué de critiquer l’ancien Premier ministre. 

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Alors, quel serait vraiment le bon niveau du smic ? Bien difficile de répondre à cette question, comme l’explique à LCI Guillaume Allègre, économiste à l’OFCE. "Tout dépend de la stratégie économique poursuivie. Le choix qui a été fait ces dernières années a été celui de la compétitivité des entreprises,  notamment en allégeant les charges. Et ce, dans un contexte de modération salariale pratiquée par nos voisins européens. A ce titre, le dernier coup de pouce du Smic date de 2012."


Voilà pour le volet compétitivité. Néanmoins, sans coup de pouce significatif, le revenu minimum français, comme l’a rappelé François Fillon, est resté l’un des plus élevés d’Europe. Un atout en termes, cette fois, de justice sociale. "En contrepartie, souligne l’expert, le fait d’avoir conservé un niveau de Smic relativement élevé en France a permis de réduire les inégalités salariales qui sont restées relativement faibles en France en comparaison d’autres pays européens."

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