Primaire de la droite : les propositions économiques les plus originales de Juppé, Sarkozy et les autres

Primaire de la droite : les propositions économiques les plus originales de Juppé, Sarkozy et les autres
ÉCONOMIE

ZOOM – Les programmes économiques des candidats à la primaire de la droite présentent de nombreux points communs, mais certaines mesures permettent de les distinguer. LCI a passé au crible les propositions des sept concurrents en lice pour en extraire les plus originales.

Bruno Le Maire 

Parmi les 1000 pages du programme de Bruno Le Maire, il aurait été frustrant de ne pas trouver une idée se différenciant de celles de ses adversaires. Sur le plan économique, c'est sur le marché du travail que l'ancien ministre de l'Agriculture évoque des mesures les plus originales. L'élu de l'Eure prône ainsi la privatisation de Pôle emploi, un bouleversement qu'il est le seul à proposer.  Autre spécificité de Bruno Le Maire dans le domaine de l'emploi, le remplacement du Contrat à durée déterminée (CDD) par un COD (Contrat à objet défini) qui recouvrirait soit une mission spécifique sans durée déterminée, soit un contrat pour une durée définie, comme l'actuel CDD. Le salarié en COD toucherait une indemnité de précarité progressive en fonction du temps passé dans l'entreprise, afin d'inciter cette dernière à transformer le COD en CDI au-delà d'une certaine durée. Ainsi, cette indemnité serait équivalente à la prime de précarité actuelle durant les 12 premiers mois d'activité, soit 10% de la rémunération brute totale versée au salarié, avant de passer à 15% les 12 mois suivants, puis à 20% après 24 mois. 

François Fillon 

Résolument libéral, l'ancien Premier ministre propose d'introduire dans le code du Travail un motif de "réorganisation de l'entreprise" dans le cadre des procédures de licenciement économique,"pour faciliter l’adaptation des entreprises à leur contexte concurrentiel", selon les mots du programme de l'élu de Paris. Celui qui prône une maîtrise de la revalorisation automatique du Smic propose également la mise en place d'une plate-forme numérique de compétences pour les plus de 50 ans. En liaison avec les chambres professionnelles, ce dispositif vise notamment à permettre aux nouveaux retraités de jouer un rôle de conseil auprès de jeunes créateurs d'entreprises. 

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    Alain Juppé 

    Ne vous fiez pas à son âge : malgré ses 71 ans, Alain Juppé ne tourne pas le dos aux questions numériques et aux changements que la nouvelle économie provoque dans la société. Plusieurs de ses propositions économiques originales sont ainsi inspirées par ces mutations. C'est le cas notamment de son "contrat en trois clics", qui vise à simplifier les modalités d'embauche en vue de fluidifier le marché du travail. L'ancien Premier ministre souhaite en outre introduire directement dans le contrat de travail des motifs de licenciement prédéterminés adaptés à chaque entreprise. Autre mesure inspirée de la nouvelle économie : l'ouverture d'un droit à l'expérimentation de nouveaux modèles d'affaires. Soit la possibilité donnée par exemple à des territoires d'expérimenter, sous certaines conditions, des modèles économiques en rupture avec la législation ou les règles de concurrence en vigueur, à l'image de l'arrivée de sociétés comme Uber ou Airbnb sur les marchés des taxis ou de l'hôtellerie. 

    Nathalie Koscuisko-Morizet

    Sans complexe, la benjamine de la primaire de droite veut dynamiter plusieurs piliers soutenant le système économique français. NKM propose ainsi de renoncer à une durée légale du travail en renvoyant la fixation des horaires aux négociations de branches et d'entreprises, dans la limite d'un plafond de 48 heures hebdomadaires. Autre suppression : celle de l'impôt sur le revenu. Cet impôt progressif serait remplacé par une "flat tax", soit une imposition fixe de 23,5% payée par tous, dès le premier euro. Cette mesure s'accompagnerait de la mise en place d'un revenu  universel qui limiterait l'impact d'une telle réforme pour les contribuables. 

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      Nicolas Sarkozy

      Pas simple de se renouveler lorsque l'on a déjà effectué un mandat. C'est le cas de Nicolas Sarkozy, qui n'hésite pas à recycler ses anciennes mesures, à l'image des heures supplémentaires défiscalisées. Outre la suppression des charges pour les emplois à domicile au niveau du smic, l'ancien président se distingue cependant par l'appui qu'il propose aux zones rurales et au secteur de  l'agriculture. Il souhaite ainsi introduire un "principe de parité" garantissant que un euro investi dans les villes corresponde à un euro investi "dans nos campagnes". 

      Jean-François Copé 

      Amener les jeunes à acquérir une culture d'entreprenariat. C'est en quelque sorte la volonté poursuivie par l'ancien président de l'UMP, qui veut doter chaque jeune âgé de 16 ans d'un compte Siret synonyme d'inscription au registre du commerce (à l'image du numéro de sécurité sociale). Selon le candidat, cela permettrait, "sans formalités bureaucratiques harassantes, d'être rémunéré pour des activités en parallèle d'un emploi salarié ou d'être un travailleur indépendant".

      Jean-Frédéric Poisson 

      Il le dit lui-même : "De manière générale, ma campagne est axée sur la restauration de l'autorité de l'Etat, et le sens de la fonction présidentielle". Dans ces conditions, si le programme de l'outsider de la primaire n'est pas sans réformes économiques, celles-ci se retrouvent peu ou prou dans les programmes de ses adversaires. Sa prise de position en faveur d'un revenu universel aurait pu constituer une spécificité de taille s'il n'était soutenue également par NKM, et plus largement par une bonne partie de la gauche

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