Prix des escargots, des croissants et chômage technique : les conséquences inattendues de la hausse du prix du beurre

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INFLATION - Depuis plusieurs mois, le prix du beurre atteint des sommets, la faute à un climat défavorable aux producteurs et à une demande qui explose. Cette hausse a déjà des conséquences fâcheuses sur certains ouvriers travaillant dans l'agro-alimentaire, ou sur les consommateurs friands d'escargots à la bourguignonne...

Vous l'avez peut-être déjà remarqué : dans certaines boulangeries, le prix du croissant au beurre a augmenté. La faute à la hausse du prix du beurre. Mais cette inflation a des conséquences moins attendues, et préjudiciables pour certains ouvriers de l'agro-alimentaire, ainsi que pour les amateurs d'escargots.


Cette crise, qui touche le monde entier, a une explication : l'intérêt croissant pour le beurre produit en Asie, les Asiatiques consommant de plus en plus de viennoiseries, et la réhabilitation de certaines matières grasses (dont le beurre) aux Etats-Unis, après des décennies de désintérêt. Une demande en hausse, donc, et une production qui baisse depuis fin-2016, à cause de conditions climatiques défavorables. Les ingrédients réunis pour une envolée des prix.

De 2500 euros la tonne en avril 2016 à 6.800 euros en septembre 2017

Ce phénomène mondial produit des soubresauts jusque dans la petite ville de Blancafort, dans le Cher. Là bas, raconte Le Berry Républicain, sept des dix ouvriers de l'usine de pâtes feuilletées et brisées François sont au chômage technique. "Chaque semaine, nous utilisons trois tonnes de beurre et notre fournisseur ne peut nous en vendre qu’une tonne", explique la patronne de l'usine, Claude François.


Menacées par ces problèmes d'approvisionnement, certaines entreprises encaissent de plein fouet la hausse du prix du beurre, passé de 2500 euros la tonne en avril 2016 à 6800 euros la tonne en septembre 2017.


Autre région, autre spécialité et autres soucis : en Bourgogne, raconte France 3, les producteurs d'escargots craignent également la hausse du prix du beurre. Et pour cause : 80% des escargots vendus en France sont préparés "à la bourguignonne", c'est-à-dire avec du beurre persillé.

La "barre des 1 euro symbolique" du croissant

Bien entendu, les boulangers sont en première ligne. Par exemple, Greg Richard, boulanger à Novillars dans le Doubs, explique dans l'Est Républicain avoir augmenté de 5 centimes le prix de ses croissants. "Ça ne couvre pas la hausse, il faudrait que j’augmente de 3 centimes encore pour y pallier, mais cela voudrait dire passer la barre des 1 euro symbolique, c’est compliqué", explique-t-il.


Les consommateurs américains pourraient également être touchés. Sur FrenchMorning, un blog consacré aux Français vivant aux États-Unis, on peut lire comment les nombreux expatriés hexagonaux qui travaillent dans la boulangerie outre-Atlantique encaissent le choc. Si certains, comme Pierre Zimmermann, qui tient la boulangerie La Fournette, à Chicago, se fournissent en beurre américain, d'autres, comme Eric Kayser ou Olivier Dessyn, propriétaires des établissements Maison Kayer et Mille-Feuille, n'ont pas encore répercuté la hausse du prix du beurre français sur leurs tarifs au comptoir. 

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