Le Québécois Couche-Tard propose 16 milliards d'euros pour le capital de Carrefour

Le Québécois Couche-Tard propose 16 milliards d'euros pour le capital de Carrefour

ECO - Le géant français de la grande distribution fait l'objet d'une offre de "rapprochement" de la part du groupe canadien Couche-Tard, inconnu en France mais déjà implanté dans plusieurs pays d'Europe.

Le canadien Couche-Tard a "récemment soumis à Carrefour une lettre d'intention non-engageante en vue d'un rapprochement amical", sur la base d'un prix de 20 euros par action qui valoriserait le distributeur français à plus de 16 milliards d'euros hors dette, selon un communiqué mercredi.

"Les termes de la transaction sont toujours en cours de discussions et demeurent soumis à une vérification diligente, mais la rémunération proposée devrait en grande majorité être en numéraire", précise le groupe de "dépanneurs" canadien, qui se montre prudent : "il n'y a aucune certitude" quant au fait que ces discussions "déboucheront sur un accord ou une opération".

Carrefour va "examiner le projet"

Carrefour compte un peu plus de 800 millions d'actions, donc l'offre de Couche-Tard valorise le capital du groupe français à plus de 16 milliards d'euros. Si la transaction était réalisée, le groupe canadien devrait en outre reprendre à son compte la dette de Carrefour, qui se chiffre en milliards d'euros.

Dans une communication interne au groupe Carrefour, que l'AFP a pu consulter mercredi, le distributeur français indique qu'il "va examiner le projet qui lui est soumis par Alimentation Couche-Tard", afin de "déterminer si un projet peut être conçu dans l'intérêt" du groupe. Selon cette même source, "plusieurs conditions déterminantes devront être satisfaites", notamment le fait de "permettre une accélération du développement du groupe", d'"avoir du sens pour l'ensemble de ses parties prenantes, en particulier les collaborateurs du groupe et être créateur de valeur".

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Toujours dans cette communication interne, Carrefour dit voir dans cette approche la preuve du "bien-fondé de la transformation lancée il y a trois ans". Ayant "retrouvé une trajectoire de croissance rentable", il dit désormais "pouvoir envisager de participer à des opérations de consolidation si les conditions de marché sont réunies", est-il encore indiqué.

Carrefour revendique "un réseau multi-formats de 12.300 magasins dans plus de 30 pays" et "plus de 320.000 collaborateurs" dans le monde, pour un chiffre d'affaires de 80,7 milliards d'euros en 2019. Il affichait une capitalisation boursière de 12,64 milliards d'euros à la Bourse de Paris mardi soir.

Bruno Le Maire "pas favorable"

De son côté, le groupe québécois Couche-Tard, présents en Europe (notamment au Danemark, en Suède ou encore en Pologne) a dégagé un bénéfice de près de 2,4 milliards de dollars américains lors de son exercice décalé de 2019, sur un chiffre d'affaires de 54 milliards de dollars. Le groupe affichait une capitalisation de 46 milliards de dollars canadiens (29,7 milliards d'euros) à la Bourse de Toronto mardi soir.

Interrogé quelques heures après l'annonce, le ministre français de l'Économie Bruno Le Maire a affirmé mercredi n'être "pas favorable" à ce rapprochement. "A priori, je ne suis pas favorable à cette opération", a-t-il déclaré sur France 5, qualifiant Carrefour de "chaînon essentiel dans la sécurité alimentaire des Français, dans la souveraineté alimentaire".

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