Privés de salaire, non déclarés, des ouvriers du métro parisien travaillent dans des conditions "scandaleuses"

ÉCONOMIE

PRÉJUDICES - Des travailleurs employés par un sous-traitant du géant du BTP sont grève depuis lundi à la station de métro Châtelet-Les Halles à Paris pour obtenir le paiement de 2 à 8 mois d'arriérés de salaire. La RATP a décidé de porter plainte contre X pour le préjudice subi.

Des ouvriers du métro parisien travaillant pour FH service, un sous-traitant de Vinci, sont en grève depuis lundi 23 janvier avec le soutien de la CGT sur le chantier de rénovation de la station de métro Châtelet-Les Halles, à Paris. Le but de ces travailleurs, pour la plupart d'origine turque : obtenir le paiement de deux à huit mois d'arriérés de salaire et leur embauche directe par Vinci. Le géant du BTP est en effet la maison-mère de Sogea TPI - qui s'est vue confier ce chantier par la RATP avant de le sous-traiter lui-même à FH Service.

Vinci a annoncé ce jeudi "étudier les conditions d'une embauche" de ces salariés, qui affirment n'avoir ni contrat de travail, ni fiches de paie, ni équipements de sécurité alors qu'ils sont exposés à des produits chimiques, des poussières et de l'amiante.

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La RATP, à partir du moment où elle sait qu'il y a des salariés traités de cette façon, devrait s'engager- Patrick Liébus, président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb)

"Ces conditions de travail sont incompréhensibles", s'insurge Patrick Liébus, le président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb). "Quand une entreprise répond à un appel d'offres à la RATP, elle vérifie que ses sous-traitants sont en règle !", martèle-t-il. De même, la RATP, "à partir du moment où elle sait qu'il y a sur ses chantiers des salariés qui sont traités de cette façon, devrait s'engager". 

Or "là, on voit que des personnes ne sont pas déclarées, sur un chantier où il y a peut-être des risques physiques ou pour la santé". "C'est profondément scandaleux", résume celui qui souhaite, si tout cela est avéré, une sanction "à la hauteur de l'infraction, pour que des entreprises importantes arrêtent de fonctionner au pas vu, pas pris".  Selon le syndicaliste, la nouvelle carte d'identification professionnelle des salariés du BTP fera reculer ces abus en attestant de la la légalité d'installation de l'entreprise et des salariés. Obligatoire et généralisée en février prochain, ce sésame concernera 500.000 entreprises et pas moins de 2,5 millions de salariés - dont les intérimaires et les travailleurs  détachés d'entreprises étrangères.

La RATP a pour sa part "décidé de porter plainte contre X pour le préjudice subi". Le maître d'ouvrage du chantier a affirmé dans un communiqué s'être "acquitté de toutes ses obligations contractuelles" vis-à-vis de Sogea, notamment le paiement de "toutes les factures présentées (...) pour le compte de son sous-traitant". La régie a dit n'être "en aucune manière à l'origine du litige".

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JT 20H. BTP : une carte d’identité pour lutter contre le travail illégal sur les chantiers

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