Réforme de l'apprentissage : Suisse, Danemark, Allemagne... ces pays dont la France veut s'inspirer

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TOUR D'HORIZON - Alors qu'un cycle de concertation débute vendredi autour de la thématique de l'apprentissage, à l'initiative de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, en présence des régions et partenaires sociaux, la France compte sur ce type de formation pour diminuer drastiquement le chômage des jeunes. Mais quelle place l'apprentissage prend-il chez nos voisins européens ?

À partir de vendredi, un cycle de concertation va débuter entre Muriel Pénicaud, les partenaires sociaux et les régions au sujet de l’apprentissage. La ministre du Travail a déclaré vouloir passer la vitesse supérieure concernant le développement de l’apprentissage en France. "Aujourd'hui,  on a 1,3 million de jeunes qui ne sont ni à l'école, ni à l'université, ni en emploi, ni en apprentissage. Les pays qui ont vaincu le chômage de masse des jeunes, ce sont des pays qui ont un apprentissage d'excellence", a notamment souligné Muriel Pénicaud il y a quelques jours sur Europe 1. 


Le mois dernier, elle a d’ailleurs fait le déplacement en Suisse et au Danemark, où le chômage des jeunes est bas, accompagnée d’une délégation de représentants syndicaux. "Ça n'est pas un modèle, mais c'est une inspiration. Ça montre qu'un autre avenir est possible pour les jeunes, qu'il n'y a pas de fatalités, que l'on peut y arriver si nous sommes tous résolus à le faire" a-t-elle notamment commenté. Mais concrètement, comment font ces pays dont la France veut s'inspirer ?

L'apprentissage au cœur du système allemand

En Suisse, en Autriche et en Allemagne, l’apprentissage a une place beaucoup plus importante dans le système éducatif qu'en France. En Suisse par exemple, les élèves peuvent commencer leur apprentissage dès la sortie de la troisième, à l’âge de 15 ans et dans un nombre important de secteurs. Ainsi, quand seulement 10% des 15-24 ans sont scolarisés en alternance en 2015 en France, près de 59% des jeunes de la même tranche d’âge en Suisse le sont. Un pourcentage également élevé en Autriche (33%) et en Allemagne (40%). Les Allemands comptent d’ailleurs près d’1,4 million d’apprentis, contre seulement 400.000 en France. 


De l’autre côté du Rhin, l’apprentissage est, pour certains métiers, la seule voie d’accès.  Ainsi, 55% de la population active est issue de l’apprentissage et près de 66% des apprentis sont embauchés à l’issue de leur formation, contre seulement 33% pour les Français. Autre point intéressant, quand l’apprentissage est souvent apparenté aux métiers de la production, avec 57% de proportion d’apprentis dans ces secteurs en France, la tendance s’inverse largement en Allemagne avec 59% des apprentis officiant dans les métiers de service.

Deux Danois sur trois passés par une formation professionnelle

Dans le Nord de l’Europe, le Danemark figure en tête des pays ayant le plus recours à la formation professionnelle, avec près de deux adultes sur trois entre 25 et 64 ans ayant participé à une formation, soit 66%. Un pourcentage identique en Suède et en Finlande, contre seulement 36% pour la France.


D’après les chiffres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), cette importance donnée à l’apprentissage n’est pas sans effet,. Le taux de chômage au Danemark, en Suède et en Finlande est parmi les plus bas d’Europe, avec respectivement 5,7%, 6,8% et 8,7% de personnes sans emploi.

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