Rémunérations des grands patrons : ça se passe comment à l'étranger ?

Rémunérations des grands patrons : ça se passe comment à l'étranger ?

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Mises en lumière par la crise, les rémunérations parfois exorbitantes des grands patrons ont suscité de nombreuses prises de conscience. Plusieurs pays ont ainsi pris des dispositions plus ou moins contraignantes pour limiter les excès. Tour d'horizon.

SUISSE
Dernier exemple en date, la Suisse a adopté début mars une mesure qui interdit les indemnités de départ, les parachutes dorés, ainsi que les primes pour l'achat ou la vente d'entreprises et encadre en partie les rémunérations. Les actionnaires des groupes concernés doivent ainsi voter chaque année, le salaire du conseil d'administration, du comité consultatif et de la direction. Cette mesure d’initiative populaire, qui se limite aux sociétés helvétiques cotées en Bourse, a recueilli près de 68% des voix d'électeurs, dont une partie avait été choquée par l'indemnité accordée à Daniel Vasella au moment de son départ des laboratoires Novartis, soit 58 millions d'euros. Un somme polémique à laquelle il a finalement renoncé.

ALLEMAGNE
A l'instar de la France, l'Allemagne a relevé l'initiative suisse, la jugeant "intéressante". Outre-Rhin, les règles en matière de contrôle des rémunérations des dirigeants sont en effet peu contraignantes. Un cadre a bien été établi, mais il reste limité : la rémunération des patrons doit en effet être "en relation avec les tâches et les prestations fournies". En outre, les textes en vigueur recommandent de limiter à deux ans de salaire le montant des indemnités de départ.

ROYAUME-UNI
Longtemps dénuée de garde-fous efficaces, la fixation des rémunérations des patrons tend à être encadrée au Royaume-Uni, et notamment à la City, temple de la finance britannique. Outre les efforts de transparence sur les données relatives à ces rétributions, salaires et primes doivent dorénavant être soumis au vote des actionnaires tous les trois ans.

ETATS-UNIS
Bousculés par la crise financière qui a pris essor en leur sein, les Etats-Unis évoluent vers la surveillance des très hautes rémunérations. Une disposition adoptée en septembre dernier, prévoit ainsi que les entreprises publient l'écart de salaires entre les membres de la direction et les employés d'une même société. Cet écart, qui atteindrait dans certains cas 1 à 200, peut cependant prendre la forme de données statistiques, afin d'éviter de publier les montants bruts des rémunérations.

BELGIQUE
Au terme d’âpres négociations, la Belgique a décidé de limiter le salaire des dirigeants d'entreprises publiques. Tout du moins ceux nouvellement nommés. Le niveau maximum de rémunération a été fixé à 200 000 euros, à laquelle peut s'ajouter une partie variable de 60 000 euros maximum et d'un complément de rémunération ne dépassant pas 30 000 euros, soit 90 000 euros au plus.

ESPAGNE
Miné par la crise, l'Espagne a récemment durci l'imposition des indemnités de départs des grands patrons. Madrid a ainsi supprimé le rabais admis jusqu'alors sur les montants dépassant un million d'euros et réduit celui accordé sur les rémunérations situées entre 700 000 euros et un million d'euros. En outre, les entreprises ne peuvent plus déduire une indemnité accordée à un dirigeant, lorsque celle-ci dépasse le million d'euros.

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