Reprise des chantiers navals de Saint-Nazaire : face aux inquiétudes, l'Etat est appelé à l'aide

ÉCONOMIE

CRAINTES - L’annonce de la reprise des chantiers navals de Saint-Nazaire par le constructeur italien Fincantieri n’a pas manqué d’aviver les inquiétudes chez les syndicats et les élus locaux. Stéphane Le Foll a assuré que l’Etat poserait "des conditions".

L’annonce par la justice sud-coréenne de privilégier la candidature du groupe Fincantieri pour reprendre les chantiers navals de Saint-Nazaire était à peine faite, que les premières critiques s’élevaient déjà. Aux craintes des syndicats se sont ajoutées celles des élus locaux, obligeant le gouvernement à réagir pour rassurer les plus inquiets.

Pour FO, "c’est une grosse déception". Pour la CFE-CGC ce "n’est pas la meilleure nouvelle possible". Si le constructeur italien Fincantieri s’attendait à une reprise en douceur des chantiers navals STX de Saint-Nazaire, les différentes organisations syndicales sont rapidement montées au créneau pour le faire déchanter. Avec deux points de tension, où se cristallisent les plus vives inquiétudes : l’emploi et la stratégie industrielle.

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Des craintes pour l'emploi et le transfert des compétences

La crainte est de voir le repreneur opérer une synergie des moyens entre ses 19.000 employés basés à Trieste et les 2600 que compte aujourd’hui Saint-Nazaire. Les syndicats mettent en garde contre une possible envie de "supprimer les doublons" entre les deux lieux de production, qui construisent bateaux de croisière mais aussi navires militaires. La CGT demande ainsi au secrétaire d’Etat à l’Industrie Christophe Sirugue "des garanties en termes d’emploi et un véritable plan de développement sur trois à cinq ans au regard du carnet de commande". Celui-ci est plein jusqu’en 2026 et doit profiter aux salariés français.

Les syndicats s’inquiètent aussi d’un transfert du savoir-faire vers la Chine. Le constructeur italien a en effet signé un accord de transfert de technologie avec un groupe chinois, pour une délocalisation de la production à plus long terme. Pour éviter ce risque de voir les compétences développées à Saint-Nazaire être exportées et ne plus profiter aux travailleurs locaux, les syndicats demandent à l’Etat d’intervenir. "Cette poule aux œufs d’or, il faut la défendre", synthétise Sébastien Benoit, secrétaire général de la CGT. 

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L'Etat répond à l'appel des élus locaux

Le constat est d’ailleurs partagé par les élus locaux. Le président des Pays de la Loire, Bruno Retailleau (LR), souhaite que "le niveau de participation de l’Etat et de DNCS (industriel français spécialisé dans le naval militaire qui pourrait lui aussi entrer au capital, ndlr) soit proche de celui de Fincantieri". Pour racheter 66,6% de STX, le groupe italien doit entrer en discussion avec l’Etat français, qui détient le reste du capital et dispose d’une minorité de blocage.

Sur France Bleu Loire Océan, le maire de Saint-Nazaire David Samzun indique qu’il verrait "d’un mauvais œil que Fincantieri soit majoritaire, et soit donc le patron de nos chantiers. […] L’Etat peut bloquer cette proposition, peut construire une proposition complémentaire, il est encore temps de la travailler".

Pour répondre aux nombreuses inquiétudes formulées, le gouvernement a tenu à rassurer. Sur Franceinfo ce matin, son porte-parole Stéphane Le Foll a indiqué que "l’Etat va agir". "On est actionnaire, donc l’Etat posera des conditions. C’est la pérennité de l’activité, la sécurisation des savoir-faire et la capacité de se projeter dans l’avenir", a-t-il prévenu.

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