Revenu universel : de Valls à NKM, qui propose quoi et dans quel but ?

ÉCONOMIE

IDÉE EN VOGUE – A gauche comme à droite, l’idée de l’instauration d’un revenu de base versé à tous les citoyens, sans condition, fait son chemin. On la retrouve dans le programme de candidats aux primaires de droite comme de gauche, tandis que Manuel Valls l’a publiquement soutenue ces derniers jours.

Utopique pour certains, révolution sociale pour d’autres, l’idée d’un revenu universel ne laisse plus indifférent. Pour preuve, le nombre de candidats aux primaires de gauche et de droite qui ont intégré à leur programme le principe de versement à tous les citoyens d’un revenu de base sans condition. Même le Premier ministre Manuel Valls a vigoureusement soutenu ce principe ces derniers semaines. Pour autant, aussi simple que puisse apparaître la proposition, les modalités d’une telle réforme et les objectifs poursuivis divergent nettement parmi ses promoteur. Revue de détails. 

AU PS

Manuel Valls

Une mesure susceptible de "renforcer notre modèle social". Sans s’étendre sur les contours que pourrait prendre à l’avenir un revenu universel, le Premier ministre appuie une initiative susceptible de répondre à la précarisation du marché du travail en garantissant à tous un revenu pérenne. Manuel Valls rappelle en outre l’échec partiel des dispositifs sociaux actuels, à l’heure où "35 % des personnes pouvant toucher le RSA n'en font pas la demande en raison de la complexité actuelle du dispositif." "Aujourd'hui, les moins de 25 ans n'ont pas accès aux minima sociaux alors que 18 % des jeunes vivent sous le seuil de pauvreté", souligne-t-il encore. Pas question en revanche pour le chef du gouvernement de remplacer par ce revenu universel les dispositifs d’assurances maladie et chômage et le système de retraites par répartition. 

Benoît Hamon 

C’est l’un des axes forts du programme du candidat à la primaire socialiste. Pour le député des Yvelines, le "revenu universel d’existence" s’assimile à une nouvelle protection sociale. Fixé, dans un premier temps, à 524 euros, il serait par la suite monté à 750 euros pour tous les citoyens et viendrait en plus d’un certain nombre de dispositifs sociaux existants. Pour Benoît Hamon un tel revenu a un caractère émancipateur face à une "crise du travail profonde et durable". Il donnerait ainsi aux citoyens le choix de poursuivre leur activité, de reprendre des études, de débuter une formation, de s’engager bénévolement ou encore de se consacrer à sa vie de famille. 

Marie-Noëlle Lienemann

Egalement en lice pour la primaire de gauche, la députée frondeuse Marie-Noëlle Lienemann soutient la mise en place d’un revenu de base pour les moins de 28 ans. Comme pour son collègue PS, ce revenu n’a pas vocation à se substituer aux allocations que perçoivent déjà les bénéficiaires, comme l’allocation logement. Pour l’élue de Paris, cette mesure viserait à soutenir une classe d’âge fragile et participerait à relancer le pouvoir d’achat. 

Lire aussi

    A EELV

    Yannick Jadot

    Porté depuis longtemps par les écologistes, le revenu universel est prôné par le candidat à la primaire EELV Yannick Jadot. Selon lui, ce dernier doit être du même montant que le RSA socle (534 euros) afin d’assurer l’accès à tous aux aides sociales. Pour l’eurodéputé arrivé en tête au premier tour de la primaire EELV, sa mise en place doit s’accompagner d’une réflexion sur l’évolution du marché du travail. Il permettrait en outre de valoriser le bénévolat au sein de la société française. Particularité : Yannick Jadot propose qu’il soit versé dès la naissance. 

    Michèle Rivasi 

    L’autre candidate encore en course dans la primaire EELV propose également l’instauration d’un tel revenu, dont le montant serait fixé "entre 800 et 1 000 euros" et  moitié moins pour les mineurs. Elevé, ce revenu absorbe toutefois le RSA et les allocations chômage. L’eurodéputée met en avant des arguments d’autonomie et d’émancipation des citoyens.  

    En vidéo

    Valls sur le revenu universel : "Il s'agit d'inventer une autre manière de vivre"

    A DROITE

    Nathalie Kosciusko-Morizet

    Pour la candidate Les républicains, la mise en place d’un revenu universel intègre une réforme globale de la fiscalité. Dans un souci de simplification, ce dernier se substituerait au RSA, à l’allocation de solidarité spécifique et à la prime d’activité. Il serait financé par une "flat tax" remplaçant l’impôt sur le revenu, soit une taxe de 20% payée par tous dès le 1er euro. Un mécanisme qui assure un coup de pouce aux revenus modestes tout en conservant au travail son caractère incitatif, selon la candidate. 

    Jean-Frédéric Poisson 

    L’outsider de la primaire de droite prône également l’instauration d’un revenu universel dans une démarche plus identitaire. Le député des Yvelines défend ainsi "une réforme de la fiscalité, reposant sur l’instauration d’un revenu universel, signe de l’appartenance de chacun à la nation". Ce revenu dont le montant n’est pas fixé remplacerait l’ensemble des allocations sociales et familiales. 

    Et aussi

    Lire et commenter