Revenu universel : De quoi parle-t-on ?

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Benoît Hamon, candidat du PS à la présidentielle

C'EST QUOI ? - Invité surprise des débats de la primaire à gauche, le revenu universel, ou revenu de base, a une définition claire. Mais, suivant son montant, la situation peut devenir très différente...

Le succès de Benoît Hamon lors de la campagne de la primaire à gauche a propulsé l'idée de "revenu universel" au devant de la scène. Cette mesure trouve des partisans et des opposants de tous bords politiques. Mais de quoi parle-t-on exactement ?

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Pro ou anti, tous s'accordent sur une définition a minima du revenu universel. La voici. Le revenu universel est versé à chaque individu sans exception, sans aucune condition de ressources ou de situation face à l'emploi ni contrepartie, et tout allocataire peut choisir de compléter ce revenu universel par d'autres moyens. Le versement de ce revenu serait donc logiquement automatisé afin que personne n'ait à en faire la demande.

Avant d'aborder le montant de ce revenu universel, un premier désaccord apparaît déjà : l'âge minimum. Certains souhaitent un revenu de base versé de la naissance à la mort, d'autres (comme Benoît Hamon) seulement à partir de la majorité. 

Le vrai débat : complément de revenu ou revenu d'existence ?

Il ne suffit pas d'être pour ou contre le revenu universel. Encore faut-il savoir de quel montant parle-t-on. À gauche, ses partisans optent plutôt pour un revenu de base qui couvrirait tous les besoins primaires des individus : logement, nourriture et... tous les besoins considérés comme essentiels par la société. 

Benoît Hamon souhaite fixer son montant à 750 euros, à terme. D'autres avancent le chiffre de 1000 euros, soit le montant du seuil de pauvreté. Dans ce cas, il serait possible de réduire drastiquement son temps de travail, voire de ne plus avoir d'emploi, pour développer des activités de bénévolat, monter son entreprise, s'occuper de ses enfants... Bref, d'effectuer toute une série d'activités utiles socialement mais non rémunérées. 

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Dans le camp des libéraux, on est généralement partisan d'un revenu universel plus bas, afin de ne pas créer, dit-on, de "trappe à inactivité", c'est-à-dire de situation ou le travail serait moins "rentable" que le revenu universel, ce qui conduirait à une baisse de l'activité et donc de la richesse globale.

Suivant les modalités d'application du revenu universel, on peut donc aboutir à une société ou chacun serait assuré d'un niveau de vie digne sans rien devoir à la société, ou une société beaucoup plus dérégulée, ou ce revenu de base remplacerait toute autre forme de prestation ou de redistribution.

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