Sécu : qui va profiter des nouvelles mesures (et qui va payer)

ÉCONOMIE
BUDGET - L'Assemblée a adopté mardi soir le projet de loi de financement rectificatif de la sécurité sociale. En voici les gagnants et les perdants.

Comment va-t-on financer la Sécu ? Mardi soir, l'Assemblée nationale a adopté, par 272 voix pour et 234 voix contre, le projet de loi de financement rectificatif de la Sécurité sociale (PLFRSS). La question de l'équilibre des finances de la Sécu pose plus que jamais problème. En effet, si le texte intègre de nombreuses baisses de cotisations, les compensations sont, elles, plus floues.

Le principal objet de ce PLFRSS est de graver dans le marbre le pacte de solidarité. Les salariés qui gagnent entre 1 et 1,3 Smic devraient ainsi verser moins de cotisations. Tout comme les entreprises, exonérées de charges patronales pour leurs employés payés au Smic. Le problème, c'est que dans le même temps, le gouvernement veut réduire le déficit de la Sécu, avec pour objectif de passer de 13,3 milliards d'euros de pertes cette année à 8,9 l'an prochain. La baisse des cotisations annoncée devra donc être compensée, d'une manière ou d'une autre.

Un milliard en moins pour les particuliers

Dans le projet initial, le gel d'un certain nombre de prestations sociales pendant une année devait permettre de dégager 1,7 milliard d'euros. Prestations familiales (360 millions d'économies), pensions d'invalidité et d'accident du travail (200 millions), aides au logement (130 millions) et pensions de retraite (un milliard) devaient rester à leur niveau actuel un an de plus, le temps de désendetter la Sécu.

Mais entre-temps, le Conseil d'Etat s'est emparé de l'affaire, obligeant le gouvernement à revoir sa copie, et le gel des prestations familiales comme des pensions d'invalidité a finalement été abandonné. Sont donc encore concernés par le rabot les bénéficiaires d'une aide au logement - soit 1,3 million de familles qui devront faire un effort de 23 euros par an - et les huit millions de retraités qui gagnent plus de 1.200 euros par mois de retraite de base (c'est-à-dire hors complémentaire), qui devront eux faire un effort de 130 euros par an. Au total, cela laisse donc un milliard d'euros d'économies qui seront prélevés sur les  particuliers.

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