SNCF : Pour ou contre la réforme ? Les cheminots ont commencé à s'exprimer dans les urnes

AUX URNES - Alors que la grève des cheminots connait un regain de mobilisation ce lundi, les syndicats invitent tous les salariés à voter pour ou contre la réforme ferroviaire. Une consultation - intitulée "vot'action" - organisée sur tout le territoire.

La "vot'action", kézako ? "C'est à la fois un vote et une initiative qui contribue au mouvement en cours", explique le responsable CGT des cheminots Laurent Brun, dans le journal La Marseillaise. Unis depuis le début de la contestation, les syndicats CGT, Unsa, SUD et CFDT invitent les 147.000 salariés de la SNCF à s'exprimer sur la réforme ferroviaire du gouvernement. Pour ? Ou contre ? Chaque agent en activité a jusqu'au 21 mai pour donner son avis. 


Le but est double : montrer que l'opposition reste forte mais aussi convaincre de nouveaux cheminots de rejoindre le mouvement. "C’est un outil, ce vot’action, parce que ça permet d’aller voir beaucoup de cheminots qui sont isolés, beaucoup de cheminots qui n’ont pas le droit de faire grève parce qu’ils subissent des pressions de la direction et de leurs managers donc c’est un moyen aussi de les entraîner avec nous", explique Bruno Poncet, secrétaire fédéral SUD-Rail sur le plateau de LCI. "Et puis c’est un moyen aussi de faire voir à Guillaume Pépy qui dit que 80% des cheminots sont pour la réforme que c’est tout le contraire (…) personne n’est pour cette réforme ferroviaire qui est une catastrophe pour tous les Français."

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Bruno Poncet, secrétaire fédéral Sud-Rail, était l'invité de LCI ce lundi 14 mai

A Lille ce lundi matin, plus d'une centaine de cheminots avaient déjà déposé leur bulletin dans l'urne. Le résultat devrait - ici comme ailleurs - pencher vers le non. "Le but est de montrer que les cheminots ne sont pas d'accord avec cette réforme et que si les cheminots ne font pas grève – notamment pour des raisons financières, ce qui peut se comprendre – ils sont quand même contre cette réforme", relaie l'un des votants, au micro de LCI. "Le statut – qui est vraiment ce que veut démonter le gouvernement - n'est pas le point noir de la SNCF."


Le gouvernement reste pour l'heure inflexible sur trois points : l'ouverture à la concurrence, la fin de l'embauche au statut et la transformation de la SNCF en société anonyme à capitaux publics. Dans la capitale des Hauts-de-France, les syndicats profitaient d'une assemblée générale pour organiser ce vote. Et ils l'assurent, tout est organisé pour en assurer sa légitimité.

On fait signer chaque cheminot pour être sûr que chacun ne vote qu'une fois pour donner le maximum de crédibilité au vote"UNSA

Des listes d'émargement ont été mises en place, y figurent les nom, prénom et numéro de matricule des votants. "On fait signer chaque cheminot pour être sûr que chacun ne vote qu'une fois pour donner le maximum de crédibilité au vote", nous explique Guillaume Veret, secrétaire régional UNSA. Des responsables des différents syndicats sont présents pour s'assurer qu'aucune fraude n'est commise et pour ne subir aucune pression et empêcher que la direction ne sache qui a participé, ces listes seront détruites après le comptage des voix.


En dehors des AG, des urnes seront installées lors de tournées syndicales, dans les ateliers, les postes d'aiguillage, les bureaux... 

95% des votants contre la réforme à Nice

C'est à Nice que cette initiative a été lancée en premier, la semaine dernière "avec des urnes, un émargement et un dépouillement en présence des médias", a précisé à nos confrères de l'AFP Najil Abdelkader de la CGT Cheminots. Le résultat est sans appel : 422 voix contre la réforme, soit 95% des votants, et 22 voix pour (5%). Près des deux tiers du personnel rattaché à la gare de Nice ont participé, soit 63% des salariés.

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Journée sans cheminots, Vot'Action : un lundi décisif ?

Cette "vot'action" ne fait cependant pas l'unanimité. Pour le patron de la SNCF, ce vote - sans valeur juridique - n'a "aucune légitimité".  La direction ne donnera donc aucun coup de main dans son organisation : "Ça n'entre pas dans le cadre légal d'un référendum d'entreprise donc la SNCF n'a pas l'obligation de mettre à disposition des salles ou des locaux pour les syndicats", nous précise-t-elle.

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