Soldes d’hiver : un bilan bien morne, mais quelques gagnants

Soldes d’hiver : un bilan bien morne, mais quelques gagnants

PLOMBÉES - Les rallonger de quinze jours n’y aura rien fait ou presque : pour les professionnels, ces soldes d’hiver 2021 seront un millésime oubliable, surtout dans l’habillement. Meubles et bricolage tirent quand même leur épingle du jeu.

"Aujourd'hui, ce n'est pas du tout un jour faste". Invitée à faire un premier bilan des soldes d'hiver, Sophie Brenot, présidente de la Fédération nationale des détaillants en maroquinerie et voyage, résume d’une phrase le moral de l’essentiel des commerçants. Les deux semaines ajoutées au calendrier des soldes n’auront pas sauvé les affaires des magasins de centre-ville. Les bilans chiffrés qui remontent aujourd’hui en témoignent.

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Les soldes d'hiver 2021

Plus touchés, les magasins de prêt-à-porter, de chaussures aussi. "Sur le mois de février et en prenant en compte l'ensemble des magasins compris dans notre panel, on est à -22% des ventes sur le mois de février 2020", déplore Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce (commerces d'habillement, de chaussures et de centre-ville). Un chiffre à relativiser, il prend ainsi en compte le rideau tiré de nombre d’entre eux dans les galeries commerciales sous fermeture administrative. Les magasins ayant pu continuer à ouvrir auraient même profité d’un “report de consommation des magasins fermés”, explique Yohann Petiot. Eux auraient même observé une progression de leurs ventes de 28%. Un effet d’aubaine un peu funeste, dont personne ne se félicitera.

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Sur le fond, s’ils se disent déçus, les détaillants étaient déjà largement résignés à un rendez-vous raté. Difficile d’imaginer des soldes à succès, quand elles avaient débuté en plein couvre-feu, et alors que nombre de surfaces avaient dû fermer quelques jours seulement auparavant.

Les soldes sourient au "Home, sweet home"

Il est en revanche des enseignes auxquelles les soldes ont permis de faire de bonne affaires, celles du bricolage, de l’ameublement, de l’équipement de la maison ou du jardinage. "Le secteur de la maison s'en tire bien, la tendance par rapport aux soldes de l'an dernier est même en augmentation", reconnaît Bernard Chaix, propriétaire d'un magasin d'ameublement à Nice et vice-président de la Chambre de commerce (CCI) locale. Des enseignes qui étaient déjà parmi celles qui avaient le moins souffert des conséquences de la crise sanitaire, dans une année où les Français ont passé bien plus de temps chez eux, et ont réorienté leurs dépenses en conséquence.

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La Chronique éco : Les commerçants font grise mine après les soldes

Sur le fond, l’année noire du commerce de proximité n’aura rien fait pour donner des couleurs à des soldes dont la pertinence faisait déjà débat les années précédentes. Face à des rendez-vous commerciaux de plus en plus nombreux - on pense au Black Friday - mais aussi à des consommateurs habitués à des promos en ligne disponibles tout au long de l’année, difficile de cantonner les bonnes affaires à quelques semaines précises du calendrier. Il faudra attendre 2022, et des soldes moins marquées par la crise sanitaire, pour savoir si elles ont encore de l’avenir. Pour Rémy Langlois, vice-président de la CCI du Pays de Rennes, "le prêt-à-porter va être amené à revoir son modèle économique", avec un point de vente physique qui "perd de son attractivité". 

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