Taxis : une victoire au compteur

Taxis : une victoire au compteur

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FRANCE - Le député socialiste Thomas Thévenoud a remis jeudi à Manuel Valls ses propositions pour régler le conflit opposant les taxis aux VTC.

Les taxis enchantés, les VTC révoltés. Les 30 propositions du député socialiste Thomas Thévenoud remises jeudi à Manuel Valls pour régler le conflit opposant les chauffeurs de taxi et ceux des véhicules de tourisme avec chauffeurs (VTC) sont loin d'apaiser les tensions.

Parmi les mesures contestées côté VTC figurent la fin de la "maraude électronique" qui leur permettait de pouvoir être géolocalisés par les clients disposant d'un smartphone et le gel supplémentaire de trois mois des nouvelles immatriculations, après celui décidé en février. Une victoire pour les taxis, qui réclamaient cette dernière mesure depuis plusieurs mois. "Ce gel est injuste et incompréhensible", conteste Yan Hascoet, patron de la société VTC Chauffeurs privés, contacté par metronews. Il y voit une décision politique : "Les législateurs ne veulent pas fâcher la corporation des taxis par peur d'un blocage de la France".

"Les licences, c'est ça qui bloque tout"

"Les taxiont un impact fort lorsqu'ils se mettent en grève car ils peuvent bloquer la route. Ce qui reste un pouvoir disproportionné par rapport à leur poids économique", analyse Renaud Christol, avocat spécialiste du droit de la concurrence.

Pour Richard Darbéra, chercheur en économie des transports au CNRS, le système d'acquisition des licences de taxi est le moteur de la grogne de leurs propriétaires : "L'erreur a été de permettre, dès 1973, la revente de ces licences. Une augmentation des VTC ou des taxis fait mécaniquement baisser sa valeur. C'est ça qui bloque tout". Délivrées gratuitement par les mairies ou les préfectures et valables 15 ans, celles-ci peuvent atteindre 250 000 euros à Paris, contre environ 40 000 euros en périphérie de Reims, d'après le chercheur.

De quoi expliquer pourquoi le principal privilège des taxis face à leurs concurrents, la possibilité d'embarquer des clients dans la rue sans réservation, a la vie dure. Le rapport Thévenoud refuse en effet d'y toucher. "Il ne s'agit pas d'un monopole, les gens sont libres de choisir le taxi qu'ils veulent. Et il n'y a qu'à Paris que les clients peuvent nous arrêter avec un signe de la main", défend Jean-Claude Fronçon, ex-président de la Fédération nationale des taxis indépendants. "Le chiffre d’affaires des taxis a diminué depuis la crise de 2008, alors l'arrivée d'une nouvelle concurrence rend forcément tout le monde aggressif", concède-t-il. Le conflit n'est sans doute pas tout à fait résolu...

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