Tourisme : Laurent Fabius mouille le maillot pour doper le secteur

ÉCONOMIE

ECONOMIE - Après cinq mois de concertation avec les professionnels, le gouvernement dévoile ce jeudi ses mesures pour dynamiser le tourisme. Un an plus tôt, François Hollande avait érigé ce secteur économique majeur "en grande cause nationale".

"Réveiller la belle endormie". C'est l'objectif fixé par le gouvernement en matière de tourisme, un secteur érigé "en grande cause nationale" par François Hollande l'été dernier. Une manne économique au potentiel sous-exploité : si la France reste la première destination mondiale en nombre de visiteurs internationaux (83 millions en 2012), elle s'est désormais fait doubler par l'Espagne en terme de recettes.

Pour tenter de changer la donne, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui n'avait hésité à mouiller le maillot en accueillant des touristes chinois à Roissy en avril et à se prononcer pour l'ouverture des magasins de shopping le dimanche, annonce ce jeudi les mesures pour dynamiser le secteur.


La Chine choyée

Quelques grandes pistes sont déjà connues : la mise en place d'une stratégie de marketing autour d'une vingtaine de grandes marques reconnues à l'international, comme les vins de Bordeaux, les Alpes ou Chambord, le développement du numérique via les applications sur mobiles ou encore l'amélioration de la sécurité et de l'accueil des touristes.

En la matière, une attention particulière devrait être portée à la clientèle chinoise, qui connaît la plus forte croissance (10 millions de nuitées en France en 2012, contre 6,5 millions en 2010). L'idée, un temps évoquée, d'un renfort de policiers chinois à Paris pour faciliter la vie des touristes du pays cet été a finalement été abandonnée. Laurent Fabius réfléchirait toutefois à mettre en place une ligne téléphonique en mandarin, notamment pour aider les touristes à porter plainte. Attirer cette clientèle, pour laquelle Paris avait déjà réduit les délais d'obtention des visas à 48 heures en janvier, pourrait aussi passer par une meilleure prise en compte de ses habitudes alimentaires.

"Il nous faut changer notre vision en partant du vacancier et adapter l'offre à ce que cherche une famille chinoise ou un couple d'Américains", a déclaré au JDD la Secrétaire d'Etat chargée de la promotion du tourisme, Fleur Pellerin. L'enjeu est de taille. Attirer 5 % de touristes en plus permettrait selon elle de créer 500.000 emplois.

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