Tout comprendre aux obligations vertes bientôt lancées par la France

ÉCONOMIE
ECOLOGIE - Annoncée en avril dernier, l’émission d’"obligations vertes" par la France - une première pour un État - sera confirmée par François Hollande au cours du G20 en Chine. Découvrez comment fonctionne ce dispositif, qui doit permettre de financer des projets de transition énergétique.

La France se veut pionnière en matière de protection de l'environnement. Saluant la ratification samedi par les États-Unis et la Chine de l’accord de Paris conclu en décembre durant la COP21, François Hollande a indiqué qu'il confirmera au G20 l’émission d'obligations vertes par la France, une grande première pour un État.


Déjà annoncée en avril, cette émission d'obligations vertes (également connues sous le nom anglais de green bonds, ndlr) interviendra l'an prochain, avaient annoncé vendredi les ministères de l'Environnement et de l'Economie. La levée de ces titres de dettes est destinée à financer des projets à vocation environnementale. "L'option vers laquelle on devrait tendre est de chercher à lever 3 fois 3 milliards d'euros par an", soit au total 9 milliards d'euros, a précisé une source proche du dossier. 

C'est quoi, une obligation ?

Mais que sont ces obligations ? Il ne s'agit pas d'ordres à respecter sous peine d'amendes, mais de moyens de financement pour soutenir des projets respectueux de l'environnement. 


A l'heure actuelle, une entreprise, privée ou publique, peut émettre des obligations classiques. C'est l'équivalent d'un emprunt : l'entreprise emprunte de l'argent auprès d'une banque ou d'un particulier et s'engage à rembourser la somme à une date donnée. Entre-temps, le détenteur du titre de créance reçoit des intérêts sur la somme qu'il a prêtée.


Presque rien ne distingue une obligation verte d'une obligation standard. La différence réside dans l'utilisation qui est faite des sommes empruntées : dans le cas d'un green bond, l'argent doit être utilisé pour financer des projets à vocation environnementale, et l'emprunteur doit informer son investisseur de l'utilisation qui est faite des fonds.

Des investissements en constante augmentation

De plus en plus d'investisseurs montrent un intérêt marqué pour ces produits, tels les gérants de fonds "responsables" aux Etats-Unis, en Suède, aux Pays-Bas, etc. Selon un rapport de la Banque mondiale publié début 2015, 35 milliards de dollars de ces titres ont trouvé preneur dans le monde en 2014, plus de trois fois plus qu'en 2013.


François Hollande entend capitaliser sur ce succès. Jusqu'à présent, seul le secteur privé y avait recours. Le chef de l'Etat veut désormais que la sphère publique, et tout particulièrement la Banque publique d'investissement, se lance pleinement sur ce marché pour financer des projets de transition énergétique.

En vidéo

G20 : Hollande annonce vouloir emprunter jusqu'à 9 milliards d'euros pour les énergies vertes

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter