Tunisie, Panama, Emirats arabes unis... la liste des 17 paradis fiscaux (hors de l'UE)

Tunisie, Panama, Emirats arabes unis... la liste des 17 paradis fiscaux (hors de l'UE)

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FISCALITÉ - Les ministres européens des Finances ont adopté mardi 5 décembre une liste noire de 17 pays, tous hors de l'UE, considérés comme des paradis fiscaux. Une liste grise de 47 pays ayant pris des engagement qui doivent être suivis a également été établie.

Les 28 ministres des Finances de l'UE, réunis mardi à Bruxelles, se sont dotés d'une liste noire de 17 pays considérés comme des paradis fiscaux opérant hors de leurs frontières. Une première pour l'Union européenne. "Nous avons adopté aujourd'hui au niveau de l'UE une liste d'Etats qui ne font pas le nécessaire pour lutter contre l'évasion fiscale. Cette liste qui est une liste noire comprend 17 États", a annoncé le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, devant des journalistes, en marge de la réunion.


Selon une source européenne, les 17 pays qui figurent sur la liste noire sont les suivants : Bahreïn, Barbade, Corée du Sud, Emirats Arabes Unis, Grenade, Guam, Îles Marshall, Macao, Mongolie, Namibie, les Palaos, Panama, Samoa, les Samoa américaines, Sainte Lucie, Trinidad et Tobago et la Tunisie. Une liste grise de 47 pays ayant pris des engagements qui doivent être suivis a également été établie, a ajouté Bruno Le Maire.

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Où sont les paradis fiscaux européens ?

Une décision à l'unanimité

Le Maroc et le Cap Vert auraient pu se retrouver sur la liste noire, mais après des discussions en matinée, ils sont sur la liste grise, a précisé la source européenne. Ils avaient envoyé des engagements très récemment. La Suisse s'y trouve aussi, selon cette même source. Sans surprise, l'Irlande, les Pays-Bas, le Luxembourg ou Malte, tous quatre membres de l'UE, et dont la douceur fiscale a été récemment mise à jour par la vaste enquête sur les Paradise Papers, n'y figurent pas.


Jusqu'au tout dernier moment, la liste de l'Union européenne, très attendue après les scandales récents qui ont révélé différents systèmes d'évasion fiscale, a fait l'objet de tractations entre les Etats membres. Car, conformément aux règles européennes sur les questions fiscales, les 28 doivent s'entendre à l'unanimité sur le nom des pays "blacklistés".

Quels critères ?

Epaulés par la Commission européenne, qui pousse depuis deux ans pour l'établissement de cette liste, les 28 Etats membres ont passé au crible un total de 92 juridictions (Etats et territoires, ndlr), susceptibles de poser problème - parfois des îles minuscules -, à l'aune de trois critères :


- Le premier, c'est la transparence fiscale : pratiquent-elles ou non l'échange automatique d'informations ?

- Le deuxième, l'équité fiscale : appliquent-elles ou pas, par exemple, des mesures fiscales préférentielles dommageables ?

- Le troisième : mettent-elles en oeuvre ou pas les mesures de l'OCDE contre l'optimisation fiscale agressive ?


Au moment de l'élaboration des critères, certains Etats membres de l'UE avaient plaidé pour qu'un taux d'imposition zéro sur les sociétés soit également pris en compte, mais d'autres comme les Britanniques y étaient opposés. En février dernier, les 28 s'étaient finalement entendus pour que le taux d'imposition zéro soit simplement identifié comme "indicateur" dans l'évaluation d'une juridiction.

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