Un euro égale presque un dollar : qui y gagne, qui y perd ?

ÉCONOMIE

MONNAIE – L’envolée du dollar ces derniers mois rapproche l’euro de la parité par rapport à la devise américaine. Une situation inédite depuis 2002. LCI fait le point sur les gagnants et les perdants de cette situation.

Quatorze ans après, 2017 marquera-t-il le retour de la parité euro-dollar ? De l’avis de très nombreux économistes de part et d’autre de l’Atlantique, ce retour à l’équilibre ne fait pas de doute dans le courant de l’année qui débute. Il faut dire que l’écart entre les deux monnaies, qui n’a cessé de se réduire ces derniers mois, est plus que limité. Ce lundi, la devise européenne valait ainsi un peu  moins de 1,05 dollar. Or rien, à commencer par l’élection de Donald Trump, ne semble devoir enrayer l’irrésistible appréciation du dollar. 

Les gagnants

Les multinationales à la fête

Sur le plan économique, les entreprises françaises exportatrices, comme leurs concurrentes européennes de la zone euro, peuvent se frotter les mains. La montée du dollar représente pour elles une véritable aubaine en termes de compétitivité. La dépréciation de l’euro dope ainsi l’exportation des produits  "fabriqués" en euros et vendus en dollar. Un effet particulièrement notable sur les produits de moyenne gamme pour lesquels le facteur prix est particulièrement important, comme la production automobile française. 

Les entreprises concernées peuvent ainsi faire le choix d’accroître leur marge ou choisir de gagner des parts de marchés à l’étranger en baissant leurs prix. Un effet positif toutefois nettement atténué pour les entreprises qui incluent dans leur production des biens importés en dollars. 

L’effet de la baisse de l’euro s’avère ainsi positif en termes de croissance pour la France, comme le souligne une note de la direction générale du Trésor de 2013. Celle-ci estimait en effet qu'une baisse de 10% du taux de change de l'euro face à l’ensemble des monnaies permet d’accroître le PIB de la France de 0,6 point et de créer 30.000 emplois. 

Lire aussi

Des investissements attractifs

Pour les investisseurs étrangers, la zone euro devrait en outre retrouver une partie de son attrait perdu. Un bien immobilier en France, par exemple, ou encore une société prête à être cédée, devraient plus facilement susciter l’intérêt d’investisseurs étrangers. 

Le secteur du tourisme peut y croire 

Pour les touristes américains qui projetaient de se rendre en Europe et pourquoi pas en France, la parité euro/dollar est également une bonne nouvelle. Plus le dollar s’apprécie, plus leur pouvoir d’achat en euro augmente. De quoi ouvrir des perspectives pour les professionnels du secteur éprouvés ces derniers mois par les attentats. 

Les perdants

Les Etats-Unis toujours plus chers

A l’inverse, les touristes français désireux de se rendre aux Etats-Unis peuvent regretter d’avoir attendu 2017 pour programmer un voyage outre-Atlantique. L’effet est déjà net sur les prix pratiqués par les voyagistes qui avaient augmenté leurs tarifs en 2015, au moment où les deux monnaies s’étaient nettement rapprochées. 

Le consommateur face à la hausse des prix 

L’envolée du dollar n’est pas nécessairement une bonne nouvelle pour le consommateur français qui paye aujourd’hui plus cher les produits importés des Etats-Unis. Le rééquilibrage de la conversion euro/dollar devrait soutenir l’inflation en 2017 d’autant que le cours du pétrole s’est nettement repris ces dernières semaines, retrouvant les niveaux constatés  fin 2014. Dans ces dernières projection économiques, la Banque de France table ainsi sur une hausse des prix à la consommation notable en 2017 de 1,2%, contre 0,3% en 2016. 

En vidéo

JT 13H - Quinzième anniversaire de l'euro : la monnaie a-t-elle vraiment fait grimper les prix ?

Et aussi

Lire et commenter