Agriculture biologique : pourquoi le futur label "bio" inquiète les producteurs de sel

Agriculture biologique : pourquoi le futur label "bio" inquiète les producteurs de sel

ENJEUX - Les producteurs des marais salants redoutent l’arrivée d’un label "Agriculture Biologique" préparé par la Commission Européenne qui mettrait tous les sels, y compris industriels, dans le même panier. Explications.

D'ordinaire, un label apporte une valeur ajoutée, une garantie d'authenticité. Pourtant, du côté de Guérande, de Noirmoutier ou de l'île de Ré, les producteurs de sel s'inquiètent de la mise en place prochaine par Bruxelles du label bio pour leur secteur, craignant que ce futur label  ne distingue pas leur mode de production traditionnel et naturel de ceux utilisés pour les sels industriels et miniers.

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Récolté grâce à l'évaporation de l'eau de mer, puis vendu sans traitement ni additif, le sel marin de l'Atlantique est ce que l'on peut appeler un produit naturel par excellence. Mais contrairement à d'autres producteurs, les sauniers de l'île de Ré, rencontrés dans le sujet en tête de cet article, ne veulent pas d'un label bio comme le propose l'Europe. Car selon eux, on ne ferait plus la différence entre leur travail, artisanal, et celui des industriels. “On se retrouve dans le même paquet que ce type de sels, qui sont des sels destinés au déneigement, destiné à l'industrie chimique. Ça, ça nous pose un problème”, déclare l'un d'eux.

Des enjeux financiers plus importants qu'il n'y paraît

Malgré une météo maussade, la récolte a été bonne cette année : 2 200 tonnes en tout. Mais ce chiffre ne pèse pas lourd à l’échelle nationale. “On représente moins de 1% de la quantité de sels qui est produite en France. Notre créneau est surtout le sel alimentaire et on base notre stratégie sur la qualité", déclare l'un des producteurs. Les enjeux financiers sont importants. Car sur la façade atlantique, de Guérande à l’île d'Oléron, le sel fait vivre plus de 600 familles.

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Selon ces professionnels, ce label européen bio risque de perdre les consommateurs. “Le problème, ce qu’il va y avoir énormément de petits pots qui seront similaires à celui-là avec un petit bonhomme qui récolte à la main", déplore-t-il. "Le bio pourrait participer justement à effacer la différence entre un sel produit naturellement, traditionnellement comme on le fait, puis des sels de grandes industries polluantes, énergivores”. Les producteurs attendent beaucoup de la réunion qui devrait se tenir à ce sujet dans une semaine à Bruxelles entre la Commission européenne et les différents États membres.

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