Coiffeurs : pourquoi les salons manquent de bras

Coiffeurs : pourquoi les salons manquent de bras

RECRUTEMENT - La pénurie de main-d'œuvre atteint désormais les salons de coiffure. Un poste sur cinq serait aujourd'hui vacant en France. En cause, des conditions de travail usantes et un salaire trop faible.

Il faut tenir le rythme en étant moins nombreux. Dans le salon de coiffure nantais que visite TF1 dans le reportage en tête de cet article, deux postes sont à pourvoir et ne trouvent pas preneurs. Adeline et ses collègues doivent assurer en attendant. Le gérant, Mickaël Charrier, supervise une vingtaine de salons dans la région. Aujourd'hui, il lui manque une douzaine de coiffeurs et ces absences pèsent sur son activité. Comme ailleurs en France, il fait face à une pénurie de coiffeurs.

Toute l'info sur

Le WE

"Ça nous pose problème parce que nous sommes obligés de fermer le lundi pour certains salons. Nous fermons aussi le samedi après-midi... La problématique, c'est de pouvoir répondre à une demande et aujourd'hui, on n'a pas les mains pour le faire", regrette le responsable. 

Certains coiffeurs préfèrent se lancer à leur propre compte

Actuellement, 15 à 20% des effectifs manquent à l'appel et recruter relève du casse-tête, car le métier n'attire plus. "Aujourd’hui, une coiffeuse qui fait 35 heures, si on applique le barème, c’est le Smic. C’est pas très rock’n’roll… C'est toute la branche qui doit revaloriser ses tarifs, c’est indispensable. Et de l'autre côté, l’État nous aide en baissant un peu une partie des charges", revendique donc Ludovic Loray, représentant de l'Union nationale des Entreprises de Coiffure.

Usés par les conditions de travail, certains coiffeurs préfèrent se reconvertir. D'autres, comme Camille Bouyer, se lancent à leur compte. Depuis deux ans, elle accueille ses clientes chez elle, choisit son rythme et ses revenus. "En salon, on gagne le Smic, pas plus, pas moins. Aujourd’hui, j’arrive à dépasser les 2000 euros facilement. Ça fait la différence et au moins, le travail est rémunéré à sa juste valeur", assure-t-elle. 

Lire aussi

Pour attirer les jeunes recrues, le secteur mise donc sur la formation. Les salons bénéficient désormais d'aides financières pour recruter plus d'apprentis. Dans une école, où les équipes de TF1 se sont rendues, les élèves reviennent. "On a constaté une augmentation de contrats en apprentissage. Le temps qu’ils se forment, ils arriveront sur le marché dans trois quatre ans", explique Adeline Chatellier, gérante de Nantes Académie coiffure. L’enjeu est de taille pour le secteur, selon le premier syndicat de la coiffure, la profession doit recruter 10.000 à 12.000 personnes supplémentaires.

Sur le même sujet

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.