De la Normandie à la Bretagne, les promesses déçues du géant laitier chinois

De la Normandie à la Bretagne, les promesses déçues du géant laitier chinois

Il y a quatre ans, des investisseurs chinois s'étaient engagés à investir des dizaines de millions d'euros pour construire des laiteries en Bretagne et en Normandie. Aujourd'hui, les usines sont quasiment à l'arrêt. Que s'est-il passé ?

En 2016, Synutra, un distributeur chinois s'engage à acheter 690 millions de briquettes de lait par an aux maîtres laitiers du Cotentin. Et ce pour les dix prochaines années. Pour répondre à la commande, les Normands créent cette usine dont le coût des travaux s'élève à 120 millions d'euros. Mais au bout d'un an, les Chinois ne paient plus leurs fournisseurs. Le contrat est rompu. La rencontre entre des producteurs de lait français et le gigantesque marché chinois était devenue une catastrophe économique.

Toute l'info sur

Le 20h

Et si Synutra était tout simplement un mauvais payeur ? Nous avons essayé de poser la question à son représentant français. Ce responsable peu bavard dirige l'usine de Carhaix, spécialisée dans le lait en poudre. Selon un employé, il n'y a plus actuellement de poudre de lait à mettre en boîte. Les producteurs bretons ne livrent plus, puisqu'ils ne sont pas payés. Cette entreprise chinoise leur doit encore 13 millions d'euros. Ce fiasco n'a pas surpris Véronique Le Floc'h, agricultrice, membre de la coordination rurale (Finistère). Elle se bat depuis des années contre ce géant chinois qui promet monts et merveilles, mais qui finalement tourne au ralenti.

Depuis, c'est un peu la désillusion. Mais, le maire de Carhaix-Plouguer (Finistère) reste satisfait de son opération. Christian Troadec a précisé qu'il est important d'avoir cette usine qui a créé de l'emploi dans la région. Synutra tiendra-elle un jour toutes ses promesses ?

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Covid : les décès et les admissions en réanimation en hausse

EN DIRECT - Affaire des "écoutes" : cette condamnation ne "correspond pas à la vérité", tacle Me Temime, l'avocat de Thierry Herzog

Son enfance en Algérie, son grand amour partagé : Marthe Villalonga ouvre ses jardins secrets

Le coronavirus ne sera pas vaincu d'ici la fin de l'année, selon l'OMS

" J'ai 30.000 euros de dettes" : ces travailleurs ruinés par la crise du Covid

Lire et commenter