VIDÉO - Les eurodéputés viennent de se prononcer contre : mais qu’est -ce que la pêche électrique ?

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ÉCLAIRAGE - Le Parlement européen s'est opposé mardi 16 janvier à l’extension de "l’électropêche", interdite dans l'Union depuis 1998, sauf dans quelques cas à titre expérimental. Décriée en France, cette technique est particulièrement prisée des Néerlandais. Mais de quoi parle-t-on ?

Méconnue du grand public et a priori pas prête de se généraliser en Europe. L'électropêche, mise au point dans les années 50, et très en vogue au XXème siècle, menaçait de faire son grand retour dans les eaux territoriales mais le dossier a connu un rebondissement ce mardi à Bruxelles. Alors que la commission de la pêche du Parlement européen s’était prononcée le 21 novembre dernier en faveur d’un possible développement de cette technique interdite dans l'Union, sauf dans quelques cas, les eurodéputés viennent en effet de demander son interdiction. Une étape sur le long parcours législatif du texte au sein de 

l'UE, le Parlement entrant à présent en négociation avec le Conseil (les Etats membres) et la Commission pour trouver un compromis final. L’occasion pour LCI de s’attarder sur cette pratique, prisée des Néerlandais mais décriée en France, où l’on dénonce une concurrence déloyale et des conséquences graves pour l’environnement. 

Le principe

Il faut distinguer la pêche électrique effectuée en eau marine, en bateau et à l'aide de filets, à des fins d'exploitation, de celle effectuée en eau douce, à pied, et à des fins scientifiques (recensement des espèces) ou de gestion des ressources piscicoles (opération de sauvegarde). 


Dans les deux cas, la technique consiste à soumettre les eaux à un champ magnétique pour étourdir la faune aquatique qui se déloge ainsi du fond et remonte à la surface. En théorie, les animaux qui ne sont pas sortis de l'eau recouvrent leur mobilité rapidement et ce sans séquelle. Mais des études récentes font état d’une réalité toute autre (brûlures, ecchymoses, déformations du squelette, etc.) selon l’intensité des décharges électriques, le contexte dans lequel elles sont exercées (exploitation, recensement ou sauvegarde), les espèces visées, et leur âge.

La réglementation

Officiellement, la pêche électrique est interdite en Europe depuis 1998 par un règlement en faveur de la conservation des ressources de pêche. Mais la réglementation permet à chaque État membre de l'Union européenne, à titre dérogatoire et expérimental en mer du Nord et dans les eaux françaises de la Manche, d'équiper en électrodes jusqu'à 5% de sa flotte de chalutiers à perche. 


Faute d'autorisation et d'habilitation électrique après formation, le recours à la pêche électrique en France est donc considéré comme du braconnage. En eau douce, il se trouve punit de 4.500 euros et deux ans de prison rappelle le code de l’environnement.  En mer, la sanction potentielle pour "Pêche avec un engin prohibé" est bien plus importante avec une amende de 22.500 euros à laquelle s'ajoutent des sanctions complémentaires possibles (saisie du produit de la pêche, de l'engin, du navire...), tel que le prévoit l'article L945-4 du code rural et de la pêche maritime.

L'état des lieux en Europe

En France, cette technique est utilisée, exclusivement à des fins scientifiques ou de gestion des ressources piscicoles dans le but de protéger et de conserver les espèces présentes en eau douce, en les étudiant vivantes. A ce jour, aucune licence pour la pêche électrique en eau marine n'aurait été délivrée, ou tout du moins aucun chalut ne serait pour l'heure encore équipé.

L’Allemagne et le Royaume-Uni, qui respectent également la limite des 5%, comptent respectivement 12 et 10 dérogations. A contrario, les Néerlandais sont d'ardents défenseurs de cette méthode et dénombrent près de 80 dérogations obtenues. 

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