"Il me reste 41.000 euros à payer chaque mois" : radiographie d'un hôtel en crise

"Il me reste 41.000 euros à payer chaque mois" : radiographie d'un hôtel en crise

CRISE SANITAIRE - Avec le deuxième confinement, la descente aux enfers se poursuit pour l'hôtellerie française. Les établissements restent ouverts mais tournent au ralenti, faute de clients. Pour leurs propriétaires, c'est un véritable parcours du combattant pour ne pas mettre la clé sous la porte.

D’un côté, de l’argent qui ne rentre pas, faute de clients. Et de l’autre, des charges qui s’accumulent, que ce soit pour payer le réceptionniste qui gère les annulations ou bien encore le jardinier qui s’occupe de l’entretien du parc. Depuis le reconfinement, les réservations dégringolent, obligeant bon nombre d’hôteliers à fermer leur établissement. À Pennedepie, dans le Calvados, l'hôtel-restaurant "Les Jardins de Coppélia" est au bord du gouffre. L’établissement, ouvert il y a seulement un an, n’a pas reçu un seul client depuis plus d’un mois.

Et pendant ce temps-là, les factures s’accumulent. Chaque mois, le couple de propriétaire doit débourser plus de 63.000 euros. "C’est extrêmement stressant", confie Laurent Guinard. Pendant qu’il s’occupe de la comptabilité, sa compagne remue ciel et terre pour trouver des solutions. Elle a déjà obtenu une aide de 10.000 euros de l’État et a également négocié avec sa banque la suspension du remboursement d’un emprunt, de quoi économiser 12.000 euros tous les mois. Mais vu le montant des factures, cela reste encore bien insuffisant : dans l'immédiat, il lui reste donc encore 41.000 euros à payer. 

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Il a fallu beaucoup de papiers et d’échanges téléphoniques- Alexandra Lorin-Guinard, la co-gérante de l’établissement

Pour ne pas déposer le bilan et passer la crise, la couple a obtenu un prêt pour un montant de 400.000 euros auprès de deux banques. L'aboutissement d'une longue négociation. "Il a fallu beaucoup de papiers et d’échanges téléphoniques", relate Alexandra Lorin-Guinard, la co-gérante de l’établissement. Ouvert il y a un an, leur hôtel n’est pas éligible aux nouvelles aides annoncées cette semaine par le gouvernement afin de soutenir les entreprises du secteur tourisme et de l’hôtellerie-restauration qui ont perdu au moins 50% de leur chiffre d’affaires. Il a donc fallu frapper à la porte un échelon plus bas.

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La région Normandie leur a récemment octroyé une aide de 100.000 euros, sous la forme d’un prêt à taux zéro avec deux années sans remboursement. De quoi tenir encore quelques mois. "La force des collectivités locales, c’est de pouvoir intervenir là il y a des trous dans la raquette, quand les dispositifs nationaux ne viennent pas répondre. Et c’est notamment le cas pour les jeunes entreprises", souligne Sophie Gaugain, vice-président (LR) de la région, en charge de l’économie. Tout cet argent ne tombe pas du ciel, il faudra un jour ou l’autre le rembourser. Mais pour eux, pas question d'abdiquer. 

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