L'Insee rehausse sa prévision de croissance à 6,25% pour 2021 : l’analyse de François Lenglet

L'Insee rehausse sa prévision de croissance à 6,25% pour 2021 : l’analyse de François Lenglet

EXPLICATIONS - Le produit intérieur brut devrait progresser de 2,7% au troisième trimestre, selon l'Insee. Le spécialiste économie de TF1 et LCI revient sur cette nouvelle.

L'Insee a relevé mardi sa prévision de croissance de l'économie française à 6,25% pour cette année, contre 6% précédemment, la reprise de l'activité s'étant nettement poursuivie malgré la quatrième vague épidémique cet été et l'instauration du passe sanitaire. Cette nouvelle prévision est désormais supérieure à celle du gouvernement, qui table à ce stade sur une progression du produit intérieur brut (PIB) de 6%, après la récession historique de 8% l'an dernier. "C'est la croissance la plus forte depuis 1973. Mais cette fois-ci, il s'agit avant tout d'un rattrapage après une récession qui a été tout aussi inhabituelle en 2020", précise François Lenglet.

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Le spécialiste économie de TF1 et LCI ajoute que "poursuivre sur ce rythme, c'est peu probable, car nous butons déjà sur la pénurie de composants, les circuits électroniques dans l'automobile, de matériaux dans le bâtiment, et surtout de mains d'œuvre. Ces pénuries freinent aujourd'hui l'activité davantage que l'épidémie."

Pas d'effet pass sanitaire

Cette croissance est-elle synonyme d'un grand retour de la cagnotte ? "Oui, on attend 20 milliards d'euros de plus que prévu. Plus de consommation, c'est davantage de TVA. Plus de revenus et de bénéfices, c'est davantage de prélèvement aussi. 20 milliards d'euros, c'est plus que le budget de l'agriculture et de la justice réuni", répond François Lenglet. Il précise cependant que "ce magot a été largement dépensé par anticipation, avec les dépenses de santé, le plan pour Marseille, les augmentations des enseignants. Nous sommes en France, le pays où l'on dévore l'argent public avant même d'en disposer. Toutefois, le déficit de 2021 sera symboliquement réduit pour passer en dessous de 9% du PIB".

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Par ailleurs, le pass sanitaire, instauré dans les cinémas, les lieux de loisirs, les centres commerciaux ou les restaurants, n'aurait que "modérément affecté" ces secteurs, même si l'impact a été légèrement plus important pour les restaurants, évalue l'Insee. De quoi conforter le gouvernement dans l'arrêt du quoi qu'il en coûte et dans sa nouvelle stratégie d'un soutien "sur mesure" aux entreprises toujours pénalisées par la pandémie.

D'autant que, selon l'Insee, l'amplification de la vaccination devrait soutenir la consommation dans les secteurs soumis au pass. Plus largement, l'institut prévoit que la consommation des ménages, traditionnel moteur de la croissance française, rattrape d’ici à la fin de l'année son retard par rapport à son niveau d'avant-crise.

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