La filière de laine française survivra-t-elle au Covid-19 ?

La laine française veut se réinventer

CRISE - Avec la pandémie de Covid-19, qui dure depuis plus d'un an, la filière de laine française souffre énormément ces derniers mois. La faute à des commandes inexistantes, en temps normal passées par la Chine.

Durant cette dernière année, la pandémie de Covid-19 a bouleversé l’activité de nombreux secteurs, notamment celui de la restauration. Autre secteur touché mais qui n’est jamais mis en avant, celui de la production de laine française. Florissante au milieu du siècle dernier, cette industrie fait grise mine, dépendant essentiellement de la demande chinoise, inexistante ces derniers mois. 

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L’industrie textile lainière est en effet concentrée en Chine mais avec la crise, les prix se sont effondrés. Focus sur un secteur qui doit se réinventer pour espérer rebondir. 

Une demande chinoise à l'arrêt

"Les Chinois ont diminué leurs achats, le marché mondial ne va plus du tout", souligne Patrick Joveneaux, collecteur de laine à Brigueil-Le-Chantre, dans la Vienne. Pour David Sarlat, éleveur de 1200 brebis à Jouhet, toujours dans la Vienne, la tonte lui coûte plus d’un euro par brebis : "Le prix de vente est de 0,25 euro/kilo, en moyenne mes brebis font deux kilos de laine, donc 0,50 euros par brebis, sauf que je paye le tondeur 1,75 euro par brebis."

"Mon père a tondu de la laine, ça payait le tondeur et il pouvait l’emmener au restaurant sans problème. Aujourd’hui, on est loin du compte", ajoute-t-il. Si les producteurs et collecteurs de laine espèrent une demande française, cette dernière est pour le moment bien trop faible. "Il y a des petites structures qui font des matelas, des couettes mais c’est minime par rapport à nous, à la grosse quantité qu’on avale par an", déplore Patrick Joveneaux.

Une solution française pour relancer la filière ?

Pour y remédier, Pascal Gautrand, petit-fils d’éleveur, a créé le collectif Tricolor pour relancer l’industrie de la laine en France. Au total, une soixante de PDG de marques de vêtements, de responsables de la grande distribution et du milieu de la mode en font partie. "Ce qui est intéressant dans ce collectif, c’est d’avoir un collectif qui rassemble l’élevage et le monde de l’industrie", se réjouit Audrey Desormeaux, représentante des éleveurs de la fédération nationale ovine.

"Aujourd’hui, on considère qu’on utilise moins de 4% de la laine française. Nous visons symboliquement 24% d’ici 2024. On a encore tous les atouts, le savoir-faire, les connaissances en France, avec quelques entreprises qui restent, pour pouvoir redémarrer", martèle Pascal Gautrand au micro de TF1. C’est notamment le cas dans le Gévaudan, où figure la dernière laverie de laine française.

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Artisanale, elle ne subit pas la concurrence chinoise, produisant en toute petite quantité et de manière non-polluante, avec un lavage biologique. Il y a deux ans, cette laverie centenaire a failli disparaître mais, grâce à un nouvel associé, la production est repartie avec un volume de 150 tonnes cette année, alors que l’équilibre financier est estimé à 200 tonnes.

Pour Pascal Lafont, co-gérant du lavage de laine du Gévaudan, il est essentiel que tout le monde y mette du sien pour relancer la machine française : "Si le consommateur joue le jeu, et si chacun modère un peu ses marges pour arriver à faire en France, on pourra sauver ce lavage, le développer voire essaimer cette expérience ailleurs." Cependant, les rares pulls en laine lavés en France représentent une note plus salée de 20% pour le consommateur en boutique. Un surcoût conséquent en ces temps de crise …

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