Notes des hôtels : Google condamné pour avoir attribué ses propres étoiles

Notes des hôtels : Google condamné pour avoir attribué ses propres étoiles

CONDAMNATION - L'entreprise américaine va devoir s'acquitter d'une amende de 1,1 million d'euros pour avoir attribué des étoiles aux hôtels français sans tenir compte de la classification officielle encadrée par l'État.

Google va payer une amende d'un million d'euros en France pour avoir constitué un "classement trompeur" des hôtels de l'Hexagone, substituant une classification établie selon ses propres critères à celle, officielle, allant d'une à cinq étoiles, a annoncé lundi la Répression des fraudes.

À la différence d’autres pays, la France possède en effet sa propre classification, allant d’une à cinq étoiles, établie par Atout France, l’agence de développement touristique sous contrôle de l’Etat. Face à une clientèle toujours plus influencée par les avis sur Internet, de nombreux hôteliers contestaient, depuis 2008, le barème utilisé par Google. Plusieurs d'entre eux avaient d'ailleurs récemment déposé plainte auprès du gendarme de la concurrence, dénonçant un "affichage sur Google d'un classement trompeur des hébergements touristiques".

Lorsqu'un internaute entre le nom d'un hôtel sur le moteur de recherche, celui-ci voit alors apparaître une note moyenne attribuée par les utilisateurs de Google. Cette note, elle, existe toujours. Mais jusqu'en septembre 2009, en cliquant sur la fiche de présentation de l'établissement, une autre mention "Hôtel de tourisme X étoiles" apparaissait. Or, cette notation n'était attribuée non pas en fonction du classement d'Atout France mais à partir de différentes sources, telles que les retours de partenaires, les recherches effectuées sur le moteur de recherche ou encore via l'agrégation des caractéristiques de l'établissement, comme le prix, la localisation ou la taille des chambres. 

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Le président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie "très satisfait" de la décision

Lors de son enquête, la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) a comparé les "étoiles Google" aux notations officielles d'Atout France dans plus de 7500 établissements de l'Hexagone. Pour le gendarme de la concurrence, "cette pratique était particulièrement dommageable pour les consommateurs, trompés sur le niveau de prestations auquel ils pouvaient s'attendre au moment de réserver un hébergement" et qu'"il  en résultait également un préjudice pour les hôteliers dont les établissements étaient présentés à tort comme moins bien classés". Le gendarme de la concurrence avait conclu à l'époque que cette classification prête "grandement à confusion" notamment du fait de "l'utilisation identique du terme 'étoiles' selon la même échelle allant de 1 à 5, pour classer les hébergements touristiques".

Estimant que cela "constituait une pratique commerciale trompeuse", la DGCCRF avait transmis au Parquet de Paris les conclusions de ses investigations. Le procureur de la République de Paris, qui a rendu sa décision ce lundi, a finalement donné raison aux hôteliers français. En conséquence, "les sociétés Google Ireland et Google France ont corrigé leurs pratiques et, après accord du procureur de la République de Paris, ont accepté de payer une amende de 1,1 million d'euros dans le cadre d'une transaction pénale", indique le gendarme de concurrence, dans un communiqué. Google utilise le classement officiel délivré par Atout France depuis septembre 2019.

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Contacté par l'AFP, le président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie, Laurent Duc, s'est dit "très satisfait" de la décision. "C'était crucial pour nous de protéger les étoiles des hébergements classés : ce classement fait par Atout France a une valeur, il correspond à plus de 250 points à respecter : superficie de la chambre, présence d'une salle de bains, nombre de prises, détaille-t-il. Or Google "ne voulait rien entendre et continuait à utiliser des étoiles basées sur des commentaires de consommateurs, ce qui trompait le public car en France les étoiles sont réservés aux hôtels, résidences de tourisme et camping classés. Ils mettraient des petites fleurs ou des petits chapeaux pointus, il n'y aurait pas de problème", souligne-t-il. 

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