VIDÉO - Quand des salariés italiens sont délocalisés dans une usine de Vesoul

VIDÉO - Quand des salariés italiens sont délocalisés dans une usine de Vesoul

AUTOMOBILE - Deux-cents salariés italiens d'une usine Fiat de Naples ont été "déplacés" par le groupe Stellantis sur son site de Vesoul (Haute-Saône). Les habitants de la ville se montrent accueillants, mais les syndicats s'inquiètent de ce nouveau "nomadisme" économique.

Dans les rues de Vesoul, la population s'étonne de l'arrivée de ces ouvriers italiens, qui doivent se trouver d'urgence des logements, et luttent comme ils peuvent contre le froid. Venus d'une usine Fiat de Naples, ils doivent remplacer des intérimaires en fin de contrat à l'usine Stellantis, au moins jusqu'en décembre, et pour certains jusqu'en juin. Obligés de travailler en chômage partiel en Italie à cause de la pénurie de composants électroniques, ils ont accepté la proposition du groupe Stellantis d'un déplacement temporaire. Un "nomadisme" d'un nouveau genre, dont les syndicats redoutent qu'il ne se généralise.

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À Vesoul, on les a certes remarqués, mais sans s'en inquiéter, comme on le voit dans le reportage de TF1 en tête de cet article. Tout juste sont-ils plus nombreux autour d'un restaurant italien local. "A la pizzeria que je fréquente très souvent, j’ai remarqué qu’il y a beaucoup d’Italiens", constate un habitant de la ville. "Au début, je trouvais ça étrange, je pensais que c’était la clientèle, mais apparemment non". En fait, c'est là que les ouvriers napolitains se retrouvent, autour d'une compatriote pizzaïola qui les aide à s'installer. La plupart ne parlent pas le français, et Luisa leur sert d'interprète et de guide dans leur nouvelle vie : "Il y a certains appartements où il faut faire des contrats EDF", explique la jeune femme, "du coup je les aide pour ça. Pour d’autres, j’ai prêté des meubles parce que c’étaient des appartements non meublés".

Je travaillais sept jours par mois et je touchais moins de 1000 euros- Rocco, ouvrier "déplacé" de Naples à Vesoul

Des ouvriers italiens expliquent à TF1 que la proposition de Stellantis de partir pour la France était difficile à décliner : "Je suis venu ici parce qu’en Italie il n’y a pas assez de travail", explique ainsi Rocco. "Je travaillais sept jours par mois et je touchais moins de 1000 euros, ici je gagne un peu plus, c’est pour faire vivre la famille". Le géant Stellantis, né en janvier dernier de la fusion entre PSA et Fiat-Chrysler, et qui agrège désormais quatorze marques automobiles, plaide la "solidarité entre sites", pour éviter le chômage aux salariés affectés par la baisse locale de l'activité. Mais les syndicats s'insurgent contre ce "vrai scandale", à double titre : les intérimaires perdent leurs ressources, et les salariés du groupe craignent de voir se généraliser ce nouveau nomadisme économique.

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Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT chez Stellantis, confiait ainsi à France Info qu'il redoute de la part de la direction du groupe une politique de "mise en concurrence des travailleurs". "Jusqu’à maintenant", a-t-il expliqué, "c’étaient les intérimaires qui étaient en concurrence avec les CDI (...), et maintenant nos camarades italiens sont en concurrence avec les intérimaires, eux-mêmes en concurrence contre les CDI de Vesoul."

Selon la direction de Stellantis, une centaine d'intérimaires français sont revenus travailler ces derniers jours sur le site de Vesoul.

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