Rachat de Carrefour par Couche-Tard : pourquoi le gouvernement s'y oppose ?

Rachat de Carrefour par Couche-Tard : pourquoi le gouvernement s'y oppose ?

Le gouvernement s'opposera à tout rachat des supermarchés Carrefour par le groupe canadien. Les deux enseignes avaient à peine commencé de négocier que Bercy les a prévenues sans détour qu'il n'en était pas question. Quelles en sont les raisons ?

D'un côté un champion tricolore, avec 12 300 magasins dans le monde, et 320 000 salariés. De l'autre, un géant québécois, Couche-Tard, ses 14 000 magasins, principalement des stations-service en Amérique du Nord, et ses 130 000 salariés. Le Québecois souhaitait racheter le Français avec son accord et lui apportait trois milliards d'euros d'argent frais. Mais le mariage n'aura pas lieu. Le gouvernement s'y oppose. "C'est un nom qui est courtois mais qui est clair et qui est définitif ", précise Bruno Le Maire.

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"Carrefour distribue quasiment 20% de l'alimentation des Français. Donc, c'est essentiel pour la sécurité alimentaire de nos compatriotes. La deuxième raison, c'est que c'est le premier employeur privé de France. C'est plus de 100 000 emplois", poursuit le ministre de l'Économie. Le groupe canadien s'était pourtant engagé à ne détruire aucun emploi. Qu'importe, Bercy se méfie et dégaine son arsenal législatif. Depuis le rachat d'Alstom par l'américain General Electric, il y a six ans, un décret protège une multitude de secteurs stratégiques : l'énergie, les transports, les télécommunications, la santé, et depuis peu la sécurité alimentaire.

D'ailleurs, la survie de Carrefour semble loin d'être menacée. Pour cause, au dernier trimestre, l'enseigne française signe ses meilleures performances depuis 20 ans et réduit sa dette de 800 000 d'euros. Quel besoin alors de s'associer à un étranger ? "Carrefour se redresse. Mais face à des Amazon et des Alibaba, Carrefour a besoin d'investir dans ses magasins, dans le digital, dans l'e-commerce et dans sa logistique. Et tout ça, ça coute très cher. Et effectivement, le groupe canadien est un groupe qui a une meilleure rentabilité que Carrefour, qui peut apporter ses liquidités", explique Yves Puget, spécialiste de la grande distribution. En coulisses, les tractations se poursuivraient avec le groupe canadien. Le but est de convaincre le gouvernement de revenir sur sa décision.

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