Vie en entreprise : les séminaires sont-ils vraiment utiles ?

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VIE D'ENTREPRISE - Moyen de communication et de remotivation de ses équipes, le séminaire d'entreprise est largement répandu. Souvent coûteux, il n'a cependant pas toujours les effets de cohésion et d'esprit de groupe escomptés.

Nous avons tous, un jour ou l’autre, été invités à un séminaire. Tantôt davantage motivées par la nécessité d’une annonce de la part de la direction, tantôt par celle d’améliorer la cohésion de l’équipe, ces journées sont régulièrement organisées par les entreprises. Selon la société d’étude Coach Omnium, la majorité d’entre elles en font maximum trois par an. Et pour cause, ce genre d’événement coûte de l’argent : alors que 55% des entreprises ayant répondu à l’enquête organisent des séminaires de deux jours ou plus, elles dépenseraient, pour un voyage à l’étranger ou dans une autre région, de 150 à 230 euros par personne et par jour. Le prix minimum, lui, se situe autour de 90 euros. Et avec au moins une cinquantaine d’invités, la facture devient vite salée.

Le double tranchant des séminaires

Selon Patrick Amar, directeur de la société de conseil en management et en relations humaines Axis Mundi et auteur du livre Mieux vivre en entreprise, ce type d’événements peut être à double tranchant. Tandis qu’elles peuvent avoir un rôle de "récompense" pour les salariés, ces journées peuvent aussi être assez mal perçues dans le cas d’une mauvaise ambiance au sein de l’entreprise. "Quand la vie est insupportable entre deux séminaires, ce serait déraisonnable d’attendre un séminaire 'coup de baguette magique' qui rénoverait toutes les maladresses et les insuffisances managériales", explique-t-il. Malgré le coût de l’organisation, le consultant estime donc difficile de calculer un "retour sur investissement".

Des entreprises aux petits soins

Malgré tout, la survenue de ces séminaires semble bien accueillie par les salariés, qui seraient très majoritairement heureux d’y participer. Car malgré une diminution du budget alloué de 8% en 4 ans notée par Coach Omnium, les employeurs tentent toujours de chouchouter leurs salariés. Pour des événements s’étalant sur plusieurs jours, les hôtels 4 étoiles sont ainsi privilégiés par 60% des entreprises, tandis que les deux-tiers d’entre elles recherchent des lieux ou prestataires originaux. Pour Caroline Bloch, Directrice des Ressources Humaines de Microsoft France, un tel investissement est largement justifié. "La capacité que l'équipe a à générer de l'énergie quand elle a passé du temps ensemble, quand elle a partagé ses succès, quand elle a partagé ses ambitions, quand elle a tout simplement partagé tout ce qu'elle aime faire ainsi que sa fierté d'appartenance, ça vaut vraiment le coup, assure-t-elle. Vous avez des équipes qui repartent motivées, et qui sont capables de donner de la motivation aussi bien à leurs collègues qu'aux partenaires et aux clients."

Un caractère obligatoire

Même si la participation à un séminaire semble enthousiasmer la majorité des invités, certains peuvent rechigner à s’y rendre. Mais à moins d’avoir de bonnes raisons, ils ne peuvent pas se soustraire à l’invitation. "En 2003, la Cour de cassation avait validé le raisonnement de la Cour d’appel de Versailles, selon laquelle "le refus des salariés de participer au séminaire, sans discussion préalable avec l’employeur sur les orientations philosophiques de la société et de ses séminaires, est de nature à constituer un acte d’insubordination, sauf si ce refus des salariés apparaît légitime au vu du contenu du séminaire, ou du refus de l’employeur de répondre à leurs interrogations", détaillent Les Cahiers du DRH.

Des conditions financières avantageuses

Malgré le caractère ludique et divertissant qu’ils peuvent parfois prendre, les séminaires sont payés comme si le salarié se trouvait au bureau. Et lorsqu’ils se prolongent au-delà des horaires de travail, un paiement en heures supplémentaires peut dans certains cas être accordé. Selon Les Cahiers du DHR, un employé travaillant habituellement du lundi au vendredi pourra être payé en heures supplémentaires si le séminaire se tient un samedi. Même cas de figure si les activités prévues par l’employeur débordent sur le temps de travail légal. "Le temps passé à des activités annexes au séminaire, en dehors du programme de celui-ci, éventuellement proposées par l’employeur, mais auxquelles le salarié est libre de se rendre ou non (par exemple randonnée), ne seront pas décomptées comme temps de travail effectif", précise en revanche le document intitulé "Séminaire d’entreprise : les règles de droit à respecter".

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