Vivendi, propriétaire de SFR, valide sa revente à Numericable

Vivendi, propriétaire de SFR, valide sa revente à Numericable

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TELECOMS - Le Conseil de surveillance de Vivendi a entériné la vente de son opérateur mobile, SFR, à Numericable plutôt qu'à Bouygues. Le montant de l'offre retenue serait supérieur et à entendre le vendeur, les perspectives de développement et d'emploi seraient meilleures.

N'en déplaise au gouvernement et en particulier à Arnaud Montebourg qui s'est défendu dans cette affaire d'avoir un parti pris sans totalement convaincre, n'en déplaise surtout à Bouygues Télécom, qui avait revu son offre de reprise à la hausse ou encore à Free, bénéficiaire indirect de cette éventuelle transaction en mettant la main à bon prix sur les infrastructures de Bouygues, SFR a confirmé samedi 5 avril son rachat par Numericable .

Pour Vivendi, le projet de reprise le plus lucratif et le plus prometteur

A l'unanimité, le Conseil de surveillance de Vivendi a approuvé le 5 avril la vente de SFR pour la bagatelle de 17 milliards d'euros. "Au terme de débats approfondis, le Conseil de surveillance a décidé, à l’unanimité, de retenir l’offre d’Altice/Numericable qui correspond au projet industriel le plus porteur de croissance, le plus créateur de valeur pour les clients, les salariés et les actionnaires, et répondant le mieux aux objectifs de Vivendi", a-t-il était indiqué dans un communiqué.

"Vivendi a retenu l’option la mieux équilibrée entre le numéraire reçu immédiatement et la participation en titres lui permettant de bénéficier de la valorisation totale la plus élevée", a expliqué le groupe. Dans son communiqué, le Conseil de surveillance précise qu'il a "choisi de recevoir 13,5 milliards d’euros à la réalisation de l’opération ainsi qu’un complément éventuel de prix de 750 millions d’euros, puis de pouvoir céder ultérieurement sa participation de 20%", soit un total supérieur à 17 milliards d’euros et donc à ce que proposait l'autre candidat en lice.

Moins de risque pour le marché et l'emploi ?

Le groupe Vivendi qui se désengage ainsi de la téléphonie mobile l'assure : "Tous les experts consultés ont conclu que l’offre d’Altice/Numericable présente les risques les moins élevés en matière de concurrence. SFR et Numericable ne sont pas présents sur les mêmes segments de marché et leurs activités sont complémentaires". L'un est en effet spécialiste de la fourniture d'accès Internet haut débit et l'autre de la téléphonie mobile.

Alors que l'affaire est remontée au sommet de l'Etat, où l'on privilégiait a priori l'autre scénario de reprise, le Conseil de surveillance de Vivendi assure qu'il a "procédé à un examen attentif des offres, ainsi que des courriers et documents que le Groupe Bouygues a pris l’initiative de lui adresser" alors même qu'une période de négociations exclusives avec SFR avait été décrétée. Au final, le Comité spécial mis en place par la multinationale aurait scrupuleusement examiné les deux offres en présence et présenté ses conclusions à son Conseil de surveillance. Lequel n'a pas tergiversé, actant la fusion entre SFR et Numericable, ce qui met un terme à l'hypothétique introduction en bourse de SFR.

Au chapitre social, le vendeur assure que le "projet industriel d’Altice/Numericable est celui qui garantit pleinement le développement de l’emploi dans la durée, notamment par les investissements qu’il implique". En clair, le communiqué de Vivendi parle de "pérennité de l'emploi". On en jugera dans la durée. Avant que l'affaire soit vraiment bouclée, l'administration doit cependant autoriser la transaction et l'Assemblée générale des actionnaires de Vivendi, examiner dans le détail ses conditions.

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